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Présidentielle 2027 : qui peut rassembler la gauche sociale-écologique ?

The Conversation France · mis à jour 25 sept.

L’ESSENTIEL Un premier débat télévisé réunissant les candidats à la primaire socialiste a été marqué, mercredi 23 septembre, par des tensions sur la question de l’alliance avec La France insoumise. À l’issue de cette primaire (du 9 au 18 octobre), le candidat désigné devra d’abord rassembler un camp « social écologique » morcelé pour créer une dynamique.

Primaire socialiste 2026

En septembre 2026, une primaire socialiste a été organisée pour désigner un candidat à l’élection présidentielle de 2027. Cette primaire, qui s’est tenue du 9 au 18 octobre 2026, a opposé plusieurs figures du Parti socialiste (PS) et de ses alliés, comme Raphaël Glucksmann (Place publique), Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste), Jérôme Guedj, Ségolène Royal et Olivier Faure. Le premier débat télévisé a révélé des tensions, notamment sur la question d’une alliance avec La France insoumise (LFI). Cette primaire marque une tentative de rassembler la gauche sociale-écologique, un camp aujourd’hui fragmenté. En 2011, une primaire similaire avait rassemblé plus de 2 millions de votants et permis à François Hollande de gagner l’élection. En 2027, le PS, qui n’a obtenu que 600 000 voix en 2022, doit faire face à un électorat moins fidèle et à une concurrence accrue.

Électorat social-écologique

Un électorat social-écologique existe en France, selon une étude du politiste Jean-Yves Dormagen. Cet électorat se caractérise par un attachement aux valeurs progressistes, comme la réduction des inégalités, la transition écologique, et le soutien à la santé et à l’éducation. Il est divisé entre ceux qui prônent des transformations radicales, proches de LFI, et ceux qui préfèrent des changements plus graduels, proches du centre. Aucun candidat ne parvient à obtenir la majorité des suffrages dans ce bloc, où les voix se répartissent entre les socialistes, les écologistes et les centristes. Par exemple, un projet de taxation des successions pourrait satisfaire une partie de l’électorat de gauche mais éloigner les électeurs centristes, attachés à la stabilité économique.

Rôle du Parti socialiste

Le Parti socialiste (PS) joue un rôle clé dans la sélection des candidats à la présidentielle, malgré son affaiblissement. En 2026, le PS a organisé une primaire pour désigner un candidat, mais son premier secrétaire, Olivier Faure, a été mis en minorité en juillet 2026. Raphaël Glucksmann, favori de cette primaire, a finalement choisi de se présenter, mais a dû s’appuyer sur le réseau et les ressources du PS pour mener sa campagne. Le PS, qui comptait 25 000 militants en 2026, reste un outil indispensable pour les candidats en quête de notoriété et de moyens financiers. Sans l’étiquette socialiste, Glucksmann aurait eu du mal à obtenir les parrainages et le soutien nécessaires pour sa candidature.

Alliances et divisions

La question des alliances divise les candidats à la primaire socialiste. Certains, comme Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann, refusent toute alliance avec La France insoumise (LFI). Pourtant, aucun parti ne peut gagner seul l’élection présidentielle. Si une alliance ne se fait pas à gauche, elle devra se faire au centre. LFI, dirigée par Jean-Luc Mélenchon, s’est imposée comme une force hégémonique à gauche, avec une machine militante et programmatique solide. À l’inverse, le PS et Les Écologistes peinent à imposer une candidature ou à mobiliser leur électorat. La division de la compétition politique en trois blocs (gauche radicale, social-écologie, centre) devrait persister après l’élection, rendant les alliances à l’Assemblée nationale cruciales.

Crise des partis écologistes

Les partis écologistes, comme Les Écologistes, sont également en crise. En 2022, Yannick Jadot, candidat du parti, s’est rallié à Raphaël Glucksmann, tandis que Marine Tondelier maintient sa candidature. Le PS et Les Écologistes souffrent d’un manque de discipline interne et d’une perte d’influence électorale. Par exemple, le PS a obtenu seulement 600 000 voix en 2022, contre plus de 2 millions en 2017. Cette faiblesse s’explique par la concurrence de LFI à gauche et du centre, ainsi que par des divisions internes qui empêchent les partis de s’unir autour d’une candidature commune. La primaire socialiste de 2026 illustre ces difficultés.

Ce que ça pourrait changer

Raphaël Glucksmann, favori de la primaire socialiste, pourrait tenter de capter des électeurs au centre, notamment parmi les déçus du macronisme. Une étude récente montre que Glucksmann progresse dans les bureaux de vote les plus aisés, où il réalise déjà ses meilleurs scores. Cette stratégie vise à élargir son électorat au-delà de la gauche traditionnelle, en proposant un projet plus modéré. Cependant, une orientation trop centristes pourrait aliéner une partie de l’électorat écologiste ou radical. Glucksmann doit donc trouver un équilibre entre ses positions et les attentes de son camp, tout en évitant de trop s’éloigner de la gauche sociale-écologique pour ne pas perdre son identité.

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