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Géopolitique

L’armée israélienne se déploie massivement en Cisjordanie occupée

Courrier International · mis à jour il y a 11 j

Durant tout le week-end, l’armée israélienne a mené une vaste opération “antiterroriste” en Cisjordanie occupée suite à de violents affrontements entre Palestiniens et colons israéliens. Une situation explosive envenimée par les déclarations incendiaires du gouvernement de Benyamin Nétanyahou..

Violence en Cisjordanie

La Cisjordanie occupée, un territoire palestinien sous contrôle israélien depuis 1967, connaît une escalade de violences depuis le vendredi 24 juillet 2026. Une fusillade a eu lieu dans la localité de Tell, située dans le nord du territoire, faisant des victimes. Des colons israéliens, des Israéliens vivant dans des colonies en Cisjordanie souvent considérées comme illégales par le droit international, ont réagi en attaquant plusieurs villes et villages palestiniens dans la nuit de samedi à dimanche. Ces attaques ont inclus l’incendie de deux mosquées, d’une maison et de plusieurs véhicules, ainsi que des graffitis appelant à la vengeance. Ces colons accusent des Palestiniens du meurtre d’un Israélien lors des affrontements précédents.

Réaction de Tsahal

L’armée israélienne, appelée Tsahal, a immédiatement réagi à cette escalade en déployant d’importants renforts sur la zone de Tell, où les échanges de tirs avaient eu lieu. Elle a considéré la fusillade comme une attaque terroriste et a bouclé la localité. Le lendemain, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a ordonné une opération contre-terroriste de grande ampleur dans le nord de la Cisjordanie. Cette opération a conduit à l’arrestation de plus de soixante-dix Palestiniens recherchés par les autorités, ainsi qu’à l’interrogatoire de centaines d’autres suspects sur place. Selon des gradés de Tsahal cités par le journal Ha’Aretz, plusieurs tentatives pour contacter des personnalités influentes du mouvement de colonisation afin d’apaiser les tensions sont restées sans réponse.

Tensions politiques et sociales

La situation est décrite comme explosive par des réservistes de Tsahal déployés sur place. Ces derniers rapportent être souvent envoyés sur les lieux d’incidents violents avec des effectifs insuffisants face à des dizaines, voire des centaines d’émeutiers israéliens. Ils expliquent ne pas pouvoir maîtriser la situation, se contentant de rester spectateurs. Parallèlement, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure d’extrême droite et suprémaciste, a déclaré vouloir demander à l’armée de raser ces villages depuis les airs, une proposition qui illustre l’escalade des tensions. Cette flambée de violence survient trois mois avant les élections législatives anticipées prévues le 27 octobre 2026, un scrutin que Nétanyahou espère remporter pour conserver son pouvoir, exercé depuis 1996.

Ce que ça pourrait changer

Les élections législatives anticipées du 27 octobre 2026 sont les premières organisées depuis les attaques du *Hamas* le 7 octobre 2023 sur le sol israélien. Ces attaques, qui ont marqué un tournant dans le conflit israélo-palestinien, ont entraîné une réponse militaire israélienne massive dans la bande de Gaza. Dans ce contexte, Nétanyahou cherche à se maintenir au pouvoir après plus de dix-huit ans de gouvernance, malgré les critiques et les défis internes. La Cisjordanie, où se déroule l’escalade actuelle, est un territoire au cœur des tensions israélo-palestiniennes depuis des décennies, avec une occupation israélienne qui dure depuis 1967 et des colonies jugées illégales par une grande partie de la communauté internationale.

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