A Madrid, 500.000 manifestants dans les rues pour le droit au logement
Le Parlement espagnol a rejeté vendredi deux décrets gouvernementaux, qui devaient mieux protéger les locataires des expulsions et des fonds vautours. Les habitants ont donc décidé de défiler pour défendre le droit à un logement abordable..
Le samedi 3 octobre 2026, Madrid a connu une manifestation massive pour le droit au logement, avec 500 000 participants selon les organisateurs et 70 000 selon les autorités policières. Cet événement a réuni des citoyens de tous âges pour protester contre la crise du logement dans la capitale espagnole. La mobilisation s'inscrit dans un mouvement plus large, déclenché dix jours plus tôt par l'expulsion d'une femme de 87 ans, Maricarmen, dont le loyer avait augmenté de 275 %. Cette expulsion symbolique a cristallisé la colère des Madrilènes face à la hausse des prix de l'immobilier et aux difficultés croissantes pour accéder à un logement abordable.
La manifestation fait suite au rejet, la veille (vendredi 2 octobre 2026), de deux décrets gouvernementaux par le Parlement espagnol. Ces décrets visaient à protéger les locataires contre les expulsions abusives et à limiter l'action des fonds vautours, des investisseurs qui achètent des immeubles à bas prix pour les revendre ou les louer à des tarifs élevés. Les députés de droite et d'extrême droite ont bloqué ces mesures, jugées insuffisantes ou contraires à leurs intérêts. Les manifestants demandent donc une protection plus forte pour les locataires et une régulation du marché immobilier.
La crise du logement à Madrid s'explique en partie par la spéculation immobilière et l'arrivée de fonds d'investissement étrangers, souvent appelés fonds vautours. Ces acteurs achètent des logements ou des immeubles à bas prix, souvent lors de ventes forcées ou de crises économiques, puis les revendent ou les louent à des prix inaccessibles pour la majorité des habitants. Par exemple, le loyer de Maricarmen avait bondi de 275 %, passant de 300 € à plus de 1 100 € par mois, rendant son maintien dans son logement impossible. Cette situation illustre un problème plus large : l'accès au logement devient de plus en plus difficile pour les classes moyennes et populaires en Espagne.
Plusieurs acteurs clés sont impliqués dans cette crise. Le gouvernement espagnol, dirigé par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et ses alliés, avait proposé les décrets rejetés pour protéger les locataires. À l'inverse, les députés de droite (Parti populaire) et d'extrême droite (Vox) ont voté contre, arguant que ces mesures pourraient freiner l'investissement ou déséquilibrer le marché. Les manifestants, quant à eux, dénoncent un système qui favorise les profits des promoteurs et des fonds d'investissement au détriment des droits des citoyens. La mobilisation reflète aussi une frustration plus large envers les politiques économiques perçues comme injustes.
La figure de Maricarmen, 87 ans, expulsée de son logement, est devenue un symbole de la lutte pour le droit au logement. Son cas a déclenché une vague de protestations et d'actions symboliques, comme des campements de manifestants au centre de Madrid. Les slogans et affiches portés lors de la manifestation du 3 octobre 2026, comme *« Pas une Maricarmen de plus »*, montrent que les citoyens veulent éviter que d'autres personnes subissent le même sort. Les revendications portent sur des mesures concrètes : encadrement des loyers, interdiction des expulsions sans solution de relogement, et taxation des logements vacants détenus par des fonds spéculatifs.

