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Culture

« La Ligne bleue » de Marie Dumora : un documentaire comme acte de résistance

Trois Couleurs · mis à jour il y a 6 j

Dans un documentaire admirable sur le camp de concentration du Struthof, Marie Dumora fait ressurgir la mémoire longtemps enfouie des habitants de trois villages alsaciens annexés par l’Allemagne nazie..

Un documentaire mémoriel

Le film La Ligne bleue, réalisé par Marie Dumora et sorti le 16 septembre 2026, est un documentaire de 2 heures et 4 minutes qui explore la mémoire des habitants de trois villages alsaciens annexés par l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces villages, situés près de la cicatrice rose, une carrière de granit des Vosges, ont été le théâtre de la construction du seul camp de concentration nazi implanté sur le territoire français actuel : le camp de Natzweiler-Struthof. Marie Dumora, cinéaste ayant passé près de trente ans à documenter cette région, y recueille des témoignages poignants des enfants des témoins directs, dont les récits font ressurgir une mémoire longtemps enfouie. Ces récits évoquent notamment des actes de résistance quotidienne, comme la remise clandestine de vivres aux prisonniers, malgré les risques encourus.

Contexte historique précis

Le camp de concentration de Natzweiler-Struthof, construit en 1941, est le seul camp nazi situé sur le sol français actuel. Il était implanté dans une région annexée par l’Allemagne nazie après l’invasion de la France en 1940. La Ligne bleue fait référence aux Vosges, une chaîne de montagnes où se trouve la carrière de granit exploitée pour les projets monumentaux du Troisième Reich. Les pierres extraites de cette carrière ont notamment servi à ériger des bâtiments symboliques du régime nazi. Les villages alentour, comme ceux de la région alsacienne, ont été directement touchés par cette annexion et les exactions commises dans le camp, dont les fumées des crématoires étaient visibles depuis certaines habitations.

Actes de résistance méconnus

Le documentaire met en lumière des actes de résistance souvent ignorés, commis par des habitants des villages voisins du camp. Parmi ces actes, on trouve des gestes simples mais courageux, comme gravir une montagne de nuit pour remettre une lettre à un détenu, ou cacher des vivres sous un manteau pour les faire passer aux prisonniers. Ces actions, réalisées malgré le risque d’être dénoncé ou arrêté, illustrent la résistance passive mais déterminée de certains civils face à la barbarie nazie. Ces témoignages, recueillis par Marie Dumora, soulignent que même dans les situations les plus extrêmes, des individus ont refusé de détourner le regard et ont agi pour soutenir les victimes.

Méthode de la cinéaste

Marie Dumora, réalisatrice du film, travaille depuis près de trente ans sur ce territoire. Son approche repose sur une immersion longue et patiente, utilisant une caméra à l’épaule pour capturer des témoignages authentiques. Son précédent film, Belinda (2018), l’a conduite jusqu’à la cicatrice rose, où elle a découvert l’histoire du camp de Natzweiler-Struthof. Dans La Ligne bleue, elle utilise le paysage alsacien, marqué par la beauté des Vosges et les cicatrices de l’histoire, pour raconter une mémoire collective. La cinéaste privilégie la pudeur et la discrétion, laissant les voix des témoins s’exprimer sans artifice, afin de préserver l’émotion et la gravité des récits.

Ce que ça pourrait changer

*La Ligne bleue* est sorti en salles le 16 septembre 2026, après avoir été présenté dans le cadre de la programmation de la société de distribution Dulac. Le film dure 2 heures et 4 minutes, un format qui permet à Marie Dumora de développer une narration immersive et détaillée. La sortie du documentaire coïncide avec une volonté de sensibiliser le public à l’histoire méconnue de cette région et des crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale. Le film s’inscrit dans une démarche de transmission de la mémoire, en donnant la parole à ceux qui ont vécu cette période ou en ont hérité les récits.

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