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L’élargissement du champ de pratique des pharmaciens redouté par le personnel technique

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 2 j

Des assistantes techniques en pharmacie se disent déjà surchargées..

Nouveaux pouvoirs des pharmaciens

À partir du 9 décembre 2026, les pharmaciens du Québec verront leur champ de pratique élargi, ce qui leur permettra de prescrire des médicaments même sans historique médical du patient. Ce changement s’inscrit dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la santé. L’Association québécoise des assistants et techniciens en pharmacie (AQATP), représentée par Marylène Lévesque, souligne que cette réforme suscite des inquiétudes parmi le personnel technique. Ces derniers redoutent une augmentation des demandes irréalisables de la part des patients, en raison d’un manque de clarté sur les nouvelles limites de leur rôle. Le président de l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ), Jean-François Desgagné, précise que toutes les pharmacies ne proposeront pas immédiatement ces nouveaux services, invitant la population à se renseigner au préalable.

Rôle du personnel technique

Les assistants techniques en pharmacie accomplissent déjà des tâches essentielles comme l’entrée des ordonnances, les renouvellements de médicaments, la préparation des traitements, la gestion des stocks et la collecte d’informations auprès des patients. Cependant, leur travail reste sous la responsabilité directe du pharmacien, qui doit tout valider. Marylène Lévesque explique que cette vérification pourrait théoriquement être déléguée, mais que des processus complexes doivent d’abord être mis en place. Actuellement, environ 30 % du personnel technique possède un diplôme reconnu, tandis que les 70 % restants ont été formés sur le tas, une méthode jugée insuffisante en 2026. Le vieillissement de la population entraîne une hausse des dossiers médicaux complexes, ce qui accentue la pression sur les équipes.

Adaptation et défis du secteur

L’élargissement des pouvoirs des pharmaciens en 2021, notamment pendant la pandémie de COVID-19, a déjà imposé des adaptations majeures au personnel. Certaines pharmacies, confrontées à une pénurie de main-d’œuvre, doivent parfois fermer temporairement. Le manque de personnel qualifié est criant : un programme de techniques de pharmacie a été lancé en 2021 pour former davantage de techniciens, mais les effectifs restent insuffisants pour couvrir toutes les pharmacies. Marylène Lévesque souligne que l’apprentissage sur le tas en 2026 n’est plus comparable à celui des années 2000, en raison de la complexité croissante des dossiers médicaux.

Ce que ça pourrait changer

Jean-François Desgagné, président de l’OPQ, affirme que le Québec disposera alors du *champ d’exercice le plus évolué au monde* pour les pharmaciens. Ces derniers pourront initier des traitements pour des *conditions mineures* (comme des infections légères) ou prendre en charge des maladies chroniques déjà diagnostiquées (diabète, hypertension) chez des patients sans médecin de famille. Cependant, ces services ne seront pas disponibles partout dès le 9 décembre. Certains nécessiteront des rendez-vous en bureau de consultation, tandis que d’autres pourront être offerts rapidement au comptoir. Le président de l’OPQ insiste sur la nécessité de gérer les attentes des patients, car l’accès instantané à tous les services ne sera pas garanti.

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