Royaume-Uni : Andy Burnham réunit son gouvernement et s’engage pour le pouvoir d’achat
Le successeur de Keir Starmer s'est engagé à « faire baisser le coût de la vie »..
Andy Burnham, 56 ans, est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016 après avoir succédé à Keir Starmer, également issu du parti travailliste (Labour). Il a pris ses fonctions le 20 juillet 2026 et a immédiatement réuni son gouvernement pour la première fois à Downing Street, la résidence officielle du Premier ministre à Londres. Son arrivée marque un changement de style par rapport à son prédécesseur : Burnham se présente comme plus décontracté et proche des citoyens, comme en témoigne son discours d’investiture prononcé sans notes ni pupitre, en présence de sa famille. Son objectif principal est de lutter contre la hausse du coût de la vie, un enjeu central pour les ménages britanniques.
Dès son arrivée au pouvoir, Andy Burnham a annoncé une première mesure pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages : la suppression de la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée), un impôt de 20 % en vigueur au Royaume-Uni, sur les factures d’électricité à partir du 1ᵉʳ octobre 2026. Cette décision vise à réduire la facture énergétique des Britanniques, qui subissent une inflation persistante. Pour financer cette mesure, Burnham a annoncé l’abandon d’un projet de carte d’identité numérique, un système d’identification électronique dont le coût était estimé à plusieurs centaines de millions de livres sterling. Cette approche illustre sa volonté de reprioriser les dépenses publiques, c’est-à-dire réallouer des fonds vers des priorités sociales plutôt que vers des projets moins urgents.
Andy Burnham a insisté sur la nécessité de respecter des règles budgétaires strictes pour éviter une augmentation de la dette publique, un sujet sensible pour les marchés financiers et les investisseurs. Il a nommé John Healey, 66 ans, au poste de chancelier de l’Échiquier (équivalent du ministre des Finances en France), en remplacement de Rachel Reeves. Healey, ancien ministre de la Défense, est chargé de veiller à ce que les finances publiques restent sous contrôle. Burnham a déclaré : « Nous devons montrer que notre engagement envers les règles budgétaires est sincère et que nous sommes prêts à prendre des décisions difficiles. » Cette prudence vise à rassurer les acteurs économiques tout en financant des mesures sociales.
Le nouveau gouvernement de Burnham compte 23 membres permanents, avec une parité presque parfaite entre hommes (11) et femmes (12), bien que deux postes prestigieux, le Foreign Office (ministère des Affaires étrangères) et le ministère des Finances, aient été attribués à des hommes. Ed Miliband, ancien chef du Labour entre 2010 et 2015, devient ministre des Affaires étrangères, tandis que Wes Streeting prend la tête du ministère de la Défense. Shabana Mahmood, connue pour ses positions fermes sur l’immigration, conserve son poste au ministère de l’Intérieur. Cette réorganisation marque une rupture avec l’équipe de Keir Starmer, avec des fidèles de ce dernier écartés, ce que certains médias ont qualifié de purge.
Andy Burnham a défini plusieurs priorités pour son mandat, notamment la réindustrialisation du pays, la construction de logements sociaux et la lutte contre le sans-abrisme. Il souhaite également renforcer le contrôle de l’État sur les services essentiels, comme l’énergie ou les transports, une approche qui s’éloigne des politiques de privatisation menées ces dernières décennies. Pour contrer la montée du parti Reform UK de Nigel Farage, qui figure en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029, Burnham mise sur des mesures sociales et une relance économique dans le Nord de l’Angleterre, où il a été maire du Grand Manchester. Il a évoqué la création d’un N.10 du Nord, une structure inspirée du 10, Downing Street, mais sans préciser son fonctionnement.
Le Royaume-Uni traverse une période de forte instabilité politique, avec sept changements de Premier ministre depuis 2016, reflétant les divisions et les crises successives. Andy Burnham arrive au pouvoir dans un contexte de *croissance atone*, c’est-à-dire une économie stagnante, avec des défis majeurs comme la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires. Son prédécesseur, Keir Starmer, avait tenté de soutenir le pouvoir d’achat en distribuant des *chèques énergie* à des millions de retraités en juillet 2024, mais cette mesure avait finalement *plombé* son mandat en alourdissant les finances publiques. Burnham doit donc concilier des promesses sociales ambitieuses avec une rigueur budgétaire, un équilibre difficile à trouver dans un pays où les inégalités économiques restent marquées.

