Voici pourquoi les animaux influenceurs vous font dépenser plus d’argent sur les réseaux sociaux que les humains
L’ESSENTIEL Près d’un propriétaire d’animal de compagnie sur trois a créé un compte consacré à ce dernier sur les réseaux sociaux. Quelques-uns de ces comptes rassemblent des milliers d’abonnés, et chats ou chiens, véritables stars d’Internet, deviennent des « petfluenceurs ».
Près d’un propriétaire d’animal de compagnie sur trois en France a créé un compte dédié à son animal sur les réseaux sociaux, selon une étude citée dans l’article. Ces comptes, souvent centrés sur des chats ou des chiens, transforment ces animaux en véritables influenceurs appelés «petfluenceurs». Par exemple, Nala the Cat compte plus de 4 millions d’abonnés sur Instagram et génère des revenus grâce à des partenariats avec de grandes marques, tandis que Doug The Pug fait la promotion d’Amazon Alexa sans prononcer un mot. Ces animaux deviennent des célébrités numériques, avec près de 3,5 millions de comptes actifs dans le monde, selon NBC News. Contrairement aux influenceurs humains, ils ne sont pas perçus comme des professionnels du marketing, mais comme des compagnons authentiques, ce qui les rend particulièrement attractifs pour les marques.
Une étude scientifique publiée en 2025 démontre que les petfluenceurs sont plus efficaces que les influenceurs humains pour vendre des produits. Par exemple, une publicité pour une bouteille de vin mettant en scène un chat génère une volonté d’achat supérieure de 43 % chez les consommateurs, par rapport à une publicité identique avec une influenceuse humaine. Cette efficacité s’explique par une perception de sincérité et d’absence de motivations commerciales chez les animaux, contrairement aux influenceurs humains souvent suspectés de chercher avant tout de l’argent ou de la célébrité. Selon une enquête citée, 81 % des 20-35 ans en France ont déjà douté de la véracité des contenus d’influence, une méfiance qui pourrait s’aggraver avec l’essor de l’intelligence artificielle générative.
En France, la loi du 9 juin 2023 encadre les pratiques des influenceurs humains, imposant une transparence sur les partenariats rémunérés et interdisant la promotion de certains produits. Cependant, cette loi ne mentionne pas explicitement les petfluenceurs, bien que leurs comptes soient gérés par des propriétaires humains. Par exemple, un simple paquet de croquettes offert à un animal devrait être signalé comme une collaboration commerciale, mais de nombreux comptes ne le font pas. En revanche, au Royaume-Uni, l’organisme Advertising Standards Authority (ASA) a publié des règles spécifiques pour les petfluenceurs, exigeant une mention claire de la nature commerciale des partenariats, comme «Publicité» ou «Collaboration commerciale».
L’essor des petfluenceurs pose des questions éthiques sur le bien-être des animaux. Les tournages répétés, les mises en scène pour capter l’attention et l’exposition constante aux flashs ou aux foules peuvent être stressants pour les animaux, qui n’ont jamais consenti à devenir des supports publicitaires. Un scandale récent en France a révélé l’utilisation d’un chien comme levier d’audience, avec un faux enlèvement orchestré par son propriétaire pour générer du contenu. Des associations animales ont porté plainte, soulignant la banalisation de comportements irresponsables. L’article rappelle que les petfluenceurs faisant fortune sont rares, et que la plupart des comptes sont créés par passion plutôt que par intérêt financier.
L’avenir des *petfluenceurs* pourrait être marqué par l’arrivée de l’intelligence artificielle, avec des animaux virtuels et fictifs. En attendant, ces comptes continuent de divertir le public et offrent à certains propriétaires une opportunité de monétiser leurs photos ou vidéos. Cependant, leur développement dépendra de l’évolution des régulations, notamment en matière de protection animale et de transparence commerciale. L’article souligne que les *petfluenceurs* efficaces sont ceux dont les animaux sont heureux et dont le contenu reflète un quotidien responsable. Une régulation claire reste nécessaire pour encadrer ce phénomène en pleine expansion.

