Le président palestinien reporte les législatives de près d’un an, à septembre 2027
Les élections législatives devaient avoir lieu le 28 novembre..
Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé le report des élections législatives et présidentielles au 11 septembre 2027, soit près d’un an plus tard que prévu initialement. Les élections législatives, qui devaient avoir lieu le 28 novembre 2026, et les présidentielles, attendues début 2027, sont désormais couplées. Ce report s’inscrit dans un contexte où les dernières législatives palestiniennes remontent à 2006, date à laquelle le Hamas avait remporté le scrutin. Depuis cette victoire, les tensions entre le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, et le Fatah, parti de Mahmoud Abbas qui dirige la Cisjordanie, ont empêché toute alternance démocratique. Mahmoud Abbas, élu président en 2005, reste au pouvoir malgré l’expiration théorique de son mandat en 2009, gouvernant par décrets en l’absence de Parlement fonctionnel.
Le report des élections est justifié par Mahmoud Abbas en raison des obstacles imposés par Israël, notamment l’interdiction d’accès à Jérusalem-Est et à la bande de Gaza pour les responsables électoraux palestiniens. Ces restrictions, selon l’Autorité palestinienne, empêchent la tenue d’élections libres et équitables à la date prévue. En 2021, un report similaire avait déjà eu lieu pour des raisons identiques. Israël, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, a accusé l’Autorité palestinienne de tromper la communauté internationale en reportant ces élections. Ces tensions s’inscrivent dans un conflit plus large entre Israël et les Palestiniens, marqué par des divisions internes palestiniennes et une occupation israélienne des territoires palestiniens.
Les élections palestiniennes sont perçues comme un enjeu majeur par la communauté internationale, qui les considère comme une étape vers la démocratisation et la légitimité des institutions palestiniennes. Quatre factions palestiniennes, dont le Fatah et le Hamas, avaient convenu lors d’une réunion au Caire de tenir un dialogue national et de demander un report des élections. Cette division interne illustre les difficultés à organiser un scrutin inclusif. Le Hamas, classé comme organisation terroriste par plusieurs pays dont le Canada et les États-Unis, contrôle Gaza depuis 2007, tandis que le Fatah administre la Cisjordanie. Depuis cette date, le Parlement palestinien, le Conseil législatif, ne siège plus, renforçant le pouvoir exécutif de Mahmoud Abbas.
Les élections législatives de 2006 avaient marqué un tournant politique en Palestine, avec la victoire du Hamas, un mouvement islamiste, face au Fatah, parti historique de Yasser Arafat. Cette victoire avait conduit à une scission entre les deux factions, aboutissant à la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en 2007. Depuis, les tentatives de réconciliation ont échoué à plusieurs reprises, et les Palestiniens vivent sous un régime politique fragmenté. Mahmoud Abbas, âgé de 87 ans, reste une figure centrale malgré les critiques sur son maintien au pouvoir. Son mandat, initialement prévu pour quatre ans, a été prolongé indéfiniment en raison de l’absence d’élections, alimentant les débats sur la légitimité de son autorité.

