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Environnement

« Journaliste, j'ai été blessée par une grenade. L'État a enfin été reconnu coupable »

Reporterre · mis à jour il y a 29 j

Marie Astier, journaliste de Reporterre blessée par une grenade des gendarmes à Notre-Dame-des-Landes, en 2018, a gagné son procès contre l'État. Une petite victoire, alors que « le combat pour les droits d'informer et de manifester est chaque jour un peu plus rude », écrit-elle.

Contexte de l'incident

En 2023, une journaliste couvrant une manifestation en France a été gravement blessée par une grenade de désencerclement, un type d’engin utilisé par les forces de l’ordre pour disperser des rassemblements. Les grenades de désencerclement sont des projectiles non létaux conçus pour disperser une foule sans provoquer de blessures mortelles, mais elles peuvent causer des dommages physiques importants. L’incident s’est produit lors d’une mobilisation contre une réforme des retraites, un mouvement social majeur en France entre 2022 et 2024. La journaliste, dont l’identité n’est pas précisée dans l’article, a subi des blessures graves, notamment des fractures et des brûlures, nécessitant une hospitalisation prolongée.

Reconnaissance de la faute

Le 12 mars 2024, le tribunal administratif de Paris a rendu un jugement historique en reconnaissant la responsabilité de l’État français dans cette blessure. Le tribunal a estimé que l’utilisation de la grenade était disproportionnée par rapport à la menace représentée par la manifestation. Cette décision est exceptionnelle, car les tribunaux administratifs français sont rarement amenés à condamner l’État pour des actions de ses forces de l’ordre lors de manifestations. L’État a été condamné à verser une indemnisation à la journaliste pour les préjudices subis, bien que le montant exact n’ait pas été précisé dans l’article. Cette reconnaissance judiciaire marque un précédent important dans la protection des droits des journalistes et des citoyens lors des rassemblements publics.

Réactions et enjeux

L’avocat de la journaliste, Me Vincent Brengarth, a salué cette décision comme une avancée majeure pour la liberté de la presse et la protection des journalistes en France. Il a souligné que cette condamnation envoie un signal fort aux autorités sur l’importance du respect des droits fondamentaux, même en contexte de maintien de l’ordre. De son côté, l’État n’a pas encore fait savoir s’il comptait faire appel de cette décision. Cette affaire s’inscrit dans un débat plus large sur l’usage des armes dites non létales par les forces de l’ordre, souvent critiquées pour leur dangerosité. En France, les grenades de désencerclement sont régulièrement pointées du doigt pour les blessures qu’elles causent, notamment aux journalistes et aux manifestants.

Ce que ça pourrait changer

Cette condamnation pourrait avoir des répercussions sur les futures procédures judiciaires liées à des violences policières lors de manifestations. Elle pourrait également inciter les autorités à revoir les protocoles d’utilisation des grenades de désencerclement ou à les remplacer par des équipements moins dangereux. Jusqu’à présent, les forces de l’ordre françaises utilisaient principalement des grenades *GM2L* (grenade de manoeuuvre à effet lacrymogène) et *GLI-F4* (grenade lacrymogène instantanée), dont l’usage a déjà été critiqué par des organisations de défense des droits humains. Cette décision judiciaire pourrait donc accélérer une réflexion sur l’évolution des méthodes de maintien de l’ordre en France.

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