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À Beauvais, le projet d’extension de l’aéroport inquiète les riverains

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 4 j

Le concessionnaire de l’aéroport de Paris-Beauvais porte un projet de modernisation et d’agrandissement. Les riverains, déjà touchés par l’augmentation du trafic, dénoncent les nuisances sonores et leurs effets sur leur santé..

Un aéroport en forte croissance

L’aéroport de Paris-Beauvais, situé sur la commune de Tillé dans l’Oise, est le troisième aéroport parisien en termes de trafic passagers. En 2025, il a accueilli 6,7 millions de passagers, avec 39 000 mouvements d’avions (décollages et atterrissages). Ce chiffre représente un doublement du trafic depuis 2019, année où 23 900 mouvements avaient été enregistrés. L’aéroport est exploité uniquement par des compagnies low-cost (comme Ryanair), qui proposent des vols à bas prix. Il s’agit d’un aéroport secondaire par rapport aux deux grands aéroports parisiens (Roissy-Charles de Gaulle et Orly), mais son rôle dans le transport aérien régional et européen est en forte augmentation.

Un projet d’extension contesté

Le concessionnaire de l’aéroport, une entreprise nommée Bellova, a lancé un projet de modernisation et d’extension d’un montant de 200 millions d’euros. Ce projet vise à adapter l’infrastructure à l’augmentation du trafic, avec une hausse prévue de 15 % du nombre de passagers. Cependant, ce projet suscite une forte opposition de la part des riverains, regroupés au sein de trois associations. Ces derniers dénoncent notamment l’augmentation des nuisances sonores, avec des décollages dès 6 heures du matin et des atterrissages pouvant aller jusqu’à minuit, voire au-delà en cas de retards. Certaines communes rurales, auparavant peu touchées par le bruit, sont désormais concernées par ces nuisances.

Risques pour la santé

Les riverains s’inquiètent des conséquences du projet sur leur santé et celle de leurs enfants. Ils ont exprimé ces préoccupations lors de l’enquête publique, qui s’est déroulée de mi-juin à mi-septembre 2026. Bellova affirme que des études environnementales ont conclu à l’absence de danger pour la santé humaine. L’entreprise précise également que des nouvelles études seront menées sur les particules ultrafines, un type de pollution de l’air particulièrement nocif. Concernant le bruit, Bellova indique que les avions de nouvelle génération sont moins bruyants que les modèles précédents. Malgré ces arguments, les opposants au projet estiment que son développement n’est pas raisonné, notamment dans un contexte de crise climatique.

Deux visions opposées

D’un côté, les riverains, bien que reconnaissant l’importance économique de l’aéroport, s’opposent à son extension non maîtrisée. Ils soulignent que le projet va à l’encontre des efforts nécessaires pour limiter le réchauffement climatique. De l’autre, le milieu économique local soutient ce projet, l’aéroport étant le troisième employeur du territoire. Anthony Martin, président de Bellova, défend le projet en insistant sur les améliorations prévues pour les conditions de travail des salariés et sur la modernisation des infrastructures. Les débats reflètent ainsi une tension entre développement économique et enjeux environnementaux.

Ce que ça pourrait changer

L’enquête publique sur le projet d’extension s’est terminée le 15 septembre 2026. Elle a permis de recueillir les avis des riverains, des associations et des acteurs économiques. Bellova a indiqué qu’elle prendrait en compte les retours obtenus avant de poursuivre le projet. Les opposants, eux, continuent de mobiliser pour faire entendre leurs préoccupations, notamment sur les nuisances sonores et les risques sanitaires. Le devenir du projet dépendra des décisions des autorités locales et nationales, ainsi que des résultats des études complémentaires annoncées par l’entreprise.

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