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Bosch joue sa survie et se reconvertit dans les robots humanoïdes : les employés passent de la fabrication de lève-vitres à des bipèdes articulés

Presse-Citron · mis à jour il y a 7 j

Bosch va se lancer dans la production de robots humanoïdes dans son usine de Bühl, qui est notamment connue pour sa production de lève-vitres pour les voitures. Pour le moment, l’utilisation de robots humanoïdes dans les usines n’est pas démocratisée.

Bosch change de cap

L’entreprise allemande Bosch, historiquement spécialisée dans les composants automobiles comme les lève-vitres pour voitures, annonce un virage stratégique majeur. À partir de 2027, son usine de Bühl en Allemagne se reconvertira partiellement dans la production de robots humanoïdes. Cette décision s’inscrit dans une logique de survie économique face à la baisse de la demande pour ses produits traditionnels. Bosch ne fabrique pas elle-même ces robots, mais assure leur production sous contrat pour la startup britannique Humanoid. L’objectif est de se positionner comme un acteur clé sur un marché émergent, alors que les lève-vitres, autrefois emblématiques de son activité, voient leur marché décliner. Bosch mise sur cette diversification pour sécuriser ses emplois et son avenir industriel.

Robots humanoïdes : marché d'avenir

Les robots humanoïdes sont des machines conçues pour imiter la forme et les mouvements humains, avec des articulations et des membres leur permettant de marcher, saisir des objets ou effectuer des tâches complexes. Aujourd’hui, leur utilisation reste limitée, mais leur potentiel est immense. Selon les analystes de Morgan Stanley, ce marché pourrait atteindre 5 000 milliards de dollars d’ici 2050, avec plus d’un milliard de robots en circulation. Leur avantage ? Leur polyvalence : contrairement aux robots industriels classiques, ils peuvent s’adapter à différents environnements et tâches, comme l’assemblage de pièces, la logistique ou même les services à la personne. Bosch espère tirer profit de cette tendance en devenant un fournisseur majeur de composants et de production pour ce secteur.

Production et enjeux

Dès 2027, Bosch prévoit de produire quelques centaines de robots humanoïdes par an dans son usine de Bühl, avec une dizaine d’employés dédiés à cette nouvelle activité. Cette production initiale reste modeste comparée aux leaders mondiaux : en 2026, l’entreprise chinoise Agibot a déjà expédié 9 700 robots humanoïdes au premier semestre, tandis que Unitree, autre acteur chinois, en a livré 7 000 sur la même période, représentant 31 % du marché. Bosch, bien que débutant, mise sur son expertise en composants (moteurs, capteurs, actionneurs) pour se différencier. Ces éléments techniques, essentiels au fonctionnement des robots, sont déjà produits par Bosch pour d’autres industries. L’entreprise collabore avec Humanoid pour intégrer ces technologies dans les robots, un partenariat qui pourrait évoluer vers des innovations communes.

Contexte industriel et concurrence

Ce virage de Bosch s’inscrit dans un contexte de concurrence accrue, notamment avec la Chine, qui domine déjà le marché des robots humanoïdes. En 2026, la Chine a vu l’action de Unitree s’envoler de 460 % en Bourse, illustrant l’engouement des investisseurs pour ce secteur. Bosch, en tant qu’entreprise européenne, cherche à combler son retard et à éviter une dépendance trop forte à l’automobile, un secteur en mutation avec l’électrification et la réduction des coûts. La production de robots humanoïdes représente une opportunité de diversification, mais aussi un défi : ces machines restent coûteuses et leur utilité à grande échelle n’est pas encore prouvée. Bosch parie sur leur adoption progressive, notamment dans les usines où leur flexibilité pourrait révolutionner les chaînes de production.

Ce que ça pourrait changer

La reconversion de l’usine de Bühl vers les robots humanoïdes soulève des questions sur l’emploi. Bosch indique que la production débutera avec une dizaine d’employés, mais ne précise pas si d’autres postes seront créés ou supprimés dans le cadre de cette transition. Historiquement, l’usine employait des ouvriers spécialisés dans la fabrication de lève-vitres, un produit en déclin. La formation des salariés aux nouvelles technologies sera probablement nécessaire pour les préparer aux métiers de la robotique. Bosch mise sur cette reconversion pour maintenir l’emploi local tout en modernisant ses activités, un enjeu crucial dans un secteur industriel en pleine mutation.

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