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Elizabeth Ire, Virginia Woolf

The Conversation France · mis à jour 30 sept.

L’ESSENTIEL Parmi tant d’autres, Elizabeth d’Angleterre, Virginia Woolf, Katharine Hepburn, Debbie Harry, dont l’œuvre ou le destin ont marqué l’histoire, n’ont jamais eu d’enfant. Certaines l’ont choisi, d’autres en ont été empêchées ou n’en ont jamais eu l’occasion.

Femmes pionnières sans enfants

L’article évoque des figures historiques et culturelles majeures comme la reine Elizabeth Ire (1558-1603), l’écrivaine Virginia Woolf, la chanteuse Debbie Harry ou encore l’actrice Katharine Hepburn, qui n’ont jamais eu d’enfant. Certaines ont fait ce choix librement, tandis que d’autres en ont été empêchées par des contraintes sociales, médicales ou politiques. Leur absence de descendance biologique n’a pas diminué l’impact de leur héritage, mais la société semble peiner à reconnaître leur contribution autrement que par le prisme de la maternité. Par exemple, Elizabeth Ire a délibérément renoncé au mariage et à la maternité pour préserver son pouvoir, tandis que Virginia Woolf a vu sa santé mentale mise en danger par les risques liés à une grossesse, selon les médecins de l’époque.

Baisse de la natalité en cause

La baisse des taux de natalité dans les pays développés, comme en France où le taux de fécondité est passé de 2,1 enfants par femme en 2000 à 1,8 en 2023, suscite des inquiétudes économiques et démographiques. Les responsables politiques et les économistes s’interrogent sur les raisons de cette tendance, souvent attribuée à des facteurs structurels comme le coût élevé du logement, celui de la garde d’enfants (estimé à environ 1 000 € par mois en moyenne en France), ou encore la difficulté d’accéder aux traitements de PMA (Procréation Médicalement Assistée). Cependant, l’article souligne que cette baisse n’est pas liée à un désintérêt des femmes pour la maternité, mais plutôt à des obstacles concrets qui rendent ce choix difficile.

Maternité comme norme sociale

La société considère souvent la maternité comme l’aboutissement principal de la vie d’une femme, bien plus que pour les hommes. Cette vision réduit la place des autres accomplissements féminins, comme la carrière, la création artistique ou l’engagement politique. Par exemple, l’œuvre de la peintre Gwen John a été attribuée pendant près d’un siècle à son frère, Augustus John, ou à son modèle, le sculpteur Rodin, illustrant comment la mémoire culturelle ignore les contributions des femmes. De même, Florence Baker, partenaire de l’explorateur Samuel Baker, a participé à des expéditions en Afrique sans recevoir de reconnaissance officielle, contrairement à son compagnon, décoré par la Royal Geographical Society et fait chevalier par la reine Victoria.

Héritage féminin au-delà de la famille

L’article rappelle que l’héritage ne se limite pas à la descendance biologique. Il peut aussi passer par l’influence, les idées, la création artistique ou le mentorat. Par exemple, Dolly Parton, sans enfant, a financé des millions de livres pour enfants via sa fondation Imagination Library, tandis que Debbie Harry a choisi de privilégier sa carrière musicale plutôt que la maternité. Pourtant, ces contributions sont souvent moins valorisées que la maternité traditionnelle. La mémoire culturelle dépend des efforts des biographes, des archives et des institutions pour préserver ces héritages, comme le montre l’exemple de Rosalind Franklin, dont les travaux sur la structure de l’ADN ont été attribués à ses collègues masculins sans son consentement.

Contraintes historiques et médicales

Plusieurs femmes citées dans l’article ont été confrontées à des contraintes historiques ou médicales qui ont limité leurs choix. Elizabeth Ire devait choisir entre le mariage (et donc renoncer à son pouvoir) ou la maternité, une décision impossible pour une reine. Virginia Woolf, quant à elle, a vu sa santé mentale menacée par une grossesse, selon les médecins de l’époque, ce qui a conduit son mari à écarter cette possibilité. Marilyn Monroe, qui souhaitait des enfants, a subi des grossesses arrêtées dans un Hollywood qui la présentait comme un objet de désir plutôt qu’une femme avec des aspirations personnelles. Ces exemples illustrent comment les normes sociales et les limitations médicales ont pesé sur les vies de ces femmes.

Ce que ça pourrait changer

La mémoire culturelle tend à occulter les contributions des femmes qui n’ont pas eu d’enfants, sauf si des efforts actifs sont déployés pour les préserver. Par exemple, **Arbella Stuart**, arrière-arrière-petite-fille d’Henri VII, n’a laissé aucun descendant biologique, mais son héritage est aujourd’hui étudié par des historiennes comme l’autrice de l’article. De même, **Katharine Hepburn** a expliqué qu’elle ne pouvait pas être à la fois elle-même et la mère qu’un enfant méritait, tout en devenant une icône du cinéma. Ces cas montrent que la reconnaissance des femmes pionnières passe souvent par des initiatives individuelles ou institutionnelles, comme les recherches universitaires ou les archives, plutôt que par une reconnaissance spontanée de la société.

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