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Géopolitique

Économie russe : les dépenses publiques se rapprochent de la moyenne de l’OCDE

Le Grand Continent · mis à jour il y a 6 h

L’écart entre la Russie et l’OCDE est passé de 10 à 3 points de PIB depuis 2011 L’article Économie russe : les dépenses publiques se rapprochent de la moyenne de l’OCDE est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Dépenses publiques russes

En 2025, les dépenses publiques de la Russie représentent environ 39 % de son PIB (Produit Intérieur Brut), un niveau proche de la moyenne des pays membres de l’OCDE (42,6 % en 2023). Cette part a fortement augmenté depuis 2018, passant de 32 à 33 % du PIB avant l’invasion de l’Ukraine à 39 % en 2025. L’écart avec les pays de l’OCDE s’est ainsi réduit à 3,3 points en 2025, contre près de 10 points en 2011. Cette évolution s’explique principalement par la hausse des dépenses militaires, qui devraient atteindre 17 100 milliards de roubles (environ 182 milliards d’euros) en 2027, soit une augmentation de 32 % par rapport aux années précédentes. En 2026, ces dépenses pourraient dépasser 10 % du PIB, un niveau inédit depuis l’époque soviétique.

Comparaison avec l'OCDE

La moyenne des dépenses publiques dans les pays de l’OCDE était de 42,6 % du PIB en 2023, tandis que celle des pays de l’Union européenne (UE) atteignait 49,2 %. Cette différence s’explique surtout par les dépenses sociales, qui représentent environ 27 % du PIB dans l’OCDE (13,4 % pour la protection sociale, 8,4 % pour la santé et 4,9 % pour l’éducation). En Russie, ces dépenses s’élevaient à 19 % du PIB en 2021. Les pays de l’UE consacrent donc davantage de ressources aux services publics comme la santé, l’éducation et les retraites, contrairement à la Russie où la priorité budgétaire est donnée à la défense.

Financement et risques

La hausse des dépenses publiques en Russie est financée en partie par des hausses d’impôts. Par exemple, l’impôt sur les bénéfices des entreprises est passé de 20 % à 25 % en 2025, et la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) a été augmentée de 20 % à 22 % en janvier 2026. Selon Alexandre Isakov, économiste en chef de la banque publique Vnesheconombank (VEB) et directeur du Centre de recherches macroéconomiques de Sber, ces mesures pourraient peser sur les entreprises et l’investissement. Il souligne que les entreprises russes reportent déjà leurs investissements en raison de l’incertitude fiscale et du risque macroéconomique, ce qui réduit la demande et la base fiscale potentielle de l’État. Un seuil de 40 % de dépenses publiques pourrait, selon lui, freiner la croissance économique.

Évolution depuis 2018

Entre 2018 et 2025, la part des dépenses publiques dans le PIB russe a progressé de plus de 6 points, passant de 32-33 % à 39 %. Pendant la même période, la moyenne de l’OCDE n’a augmenté que de 2,4 points, passant de 40,2 % à 42,6 %. Cette accélération en Russie coïncide avec le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, qui a entraîné une hausse significative des dépenses militaires. Avant cette période, la Russie dépensait déjà davantage que la moyenne mondiale, mais l’écart s’est réduit grâce à cette augmentation rapide des dépenses publiques.

Ce que ça pourrait changer

Alexandre Isakov estime que la Russie se rapproche d’un seuil critique où les dépenses publiques pourraient nuire à la croissance économique. Selon lui, une part des dépenses publiques dépassant 40 % du PIB risquerait de freiner l’investissement des entreprises, de réduire leur compétitivité et d’affaiblir la capacité de l’État à collecter des impôts. Cette limite est souvent citée dans les études économiques comme un point au-delà duquel l’efficacité de l’action publique diminue, notamment en raison des distorsions créées par une fiscalité élevée ou des dépenses mal ciblées.

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