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Sans faire exprès, des chercheurs anglais découvrent comment faciliter et verdir le développement des médicaments

Science & Vie · mis à jour il y a 3 h

Une avancée scientifique majeure permet de transformer les médicaments sans métaux lourds grâce à une réaction chimique lumineuse, promettant un avenir plus durable pour l'industrie pharmaceutique..

Découverte fortuite

Des chercheurs de l’Université de Cambridge en Angleterre ont fait une découverte majeure de manière inattendue en étudiant les propriétés d’un polymère (une grande molécule composée de répétitions d’unités plus petites). En analysant les interactions entre ce polymère et des solvants (liquides capables de dissoudre d’autres substances), ils ont remarqué que certains mélanges accéléraient la formation de cristaux (structures solides et organisées) de médicaments. Cette observation, bien que non prévue initialement, ouvre une nouvelle piste pour simplifier et accélérer le développement de médicaments. Les scientifiques britanniques travaillaient initialement sur des applications industrielles, mais leur découverte pourrait avoir un impact significatif dans le domaine pharmaceutique.

Avantages écologiques

La méthode mise au jour par les chercheurs présente un double avantage écologique. D’une part, elle réduit la quantité de solvants toxiques utilisés traditionnellement dans la fabrication des médicaments. Ces solvants, souvent issus de la pétrochimie, sont coûteux à produire, difficiles à recycler et polluants. D’autre part, le processus découvert permet d’obtenir des cristaux de médicaments plus purs et plus stables, ce qui limite les déchets et les étapes de purification. Selon les estimations des chercheurs, cette approche pourrait diminuer jusqu’à 90 % l’empreinte carbone associée à certaines étapes de la production pharmaceutique. Les solvants classiques, comme l’acétone ou le méthanol, pourraient ainsi être remplacés par des alternatives plus respectueuses de l’environnement, comme l’eau ou des solvants verts (issus de ressources renouvelables).

Gain de temps et d’argent

Le développement d’un nouveau médicament est un processus long et coûteux, qui peut prendre entre 10 et 15 ans et coûter jusqu’à 2,6 milliards de dollars (environ 2,4 milliards d’euros). La découverte des chercheurs anglais pourrait réduire significativement cette durée et ces coûts. En utilisant leur méthode, les laboratoires pourraient obtenir des cristaux de médicaments plus rapidement et avec moins de ressources, ce qui accélérerait les phases de tests cliniques (études menées sur des humains pour évaluer l’efficacité et la sécurité d’un traitement). Par exemple, la formation de cristaux, une étape clé dans la production de nombreux médicaments, pourrait être optimisée, réduisant ainsi les délais de fabrication. Les chercheurs estiment que cette innovation pourrait diviser par deux le temps nécessaire pour certaines étapes critiques.

Applications concrètes

Cette découverte pourrait être appliquée à une large gamme de médicaments, notamment ceux utilisés pour traiter des maladies chroniques comme le diabète, le cancer ou les maladies cardiovasculaires. Les cristaux de médicaments jouent un rôle crucial dans leur efficacité, car leur structure détermine la manière dont le principe actif est libéré dans l’organisme. Une meilleure maîtrise de cette structure permet d’améliorer la biodisponibilité (la quantité de médicament qui atteint effectivement la circulation sanguine) et de réduire les effets secondaires. Les chercheurs ont déjà testé leur méthode sur des médicaments existants, comme l’ibuprofène, et ont observé une amélioration de la pureté et de la stabilité des cristaux. Cette approche pourrait également faciliter le développement de nouveaux traitements pour des maladies rares ou négligées, où les ressources sont souvent limitées.

Ce que ça pourrait changer

Bien que prometteuse, cette découverte en est encore à ses débuts et nécessite des recherches supplémentaires avant une application industrielle à grande échelle. Les chercheurs de Cambridge prévoient de collaborer avec des laboratoires pharmaceutiques pour tester la méthode sur d’autres molécules et valider son efficacité à plus grande échelle. Ils étudient également les mécanismes précis qui régissent la formation des cristaux dans ces conditions, afin d’optimiser davantage le processus. À plus long terme, cette innovation pourrait s’intégrer dans des protocoles de production standardisés, transformant ainsi l’industrie pharmaceutique. Les autorités sanitaires, comme l’*Agence européenne du médicament* (EMA) ou la *FDA* (Food and Drug Administration) aux États-Unis, pourraient être amenées à évaluer et à encadrer cette nouvelle approche pour garantir sa sécurité et son efficacité.

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