« Compte tenu des dangers extrêmes » sur la Lune, les sorties d’astronautes seront très rares
Fini le temps des longues balades en scaphandre sur la Lune. Face aux « dangers extrêmes » de la surface, le patron de la NASA Jared Isaacman veut réduire au strict minimum les sorties en combinaison pour confier l'essentiel des chantiers à la robotique..
Les sorties extravéhiculaires des astronautes sur la Lune seront exceptionnellement rares en raison des dangers extrêmes qui y règnent. Selon les experts, ces expéditions, autrefois fréquentes dans les missions Apollo des années 1960-1970, seront désormais limitées à quelques sorties par mission. Cette décision s'appuie sur une évaluation des risques accrus, notamment liés à l'environnement lunaire, qui rend chaque sortie potentiellement mortelle. Les agences spatiales, comme la NASA ou l'ESA, privilégient désormais des missions robotisées pour limiter les risques pour les humains.
La Lune présente des conditions extrêmement dangereuses pour les humains, ce qui explique cette prudence. Les températures y oscillent entre -173°C la nuit et 127°C le jour, rendant toute exposition prolongée impossible sans protection. De plus, le sol lunaire est recouvert d'une fine poussière abrasive, le régolithe, qui endommage les équipements et les combinaisons spatiales. Les astronautes doivent également faire face à des radiations solaires et cosmiques bien plus intenses que sur Terre, en raison de l'absence d'atmosphère et de champ magnétique protecteur. Ces facteurs combinés augmentent considérablement les risques de blessures graves ou de décès.
Face à ces défis, les agences spatiales misent de plus en plus sur des robots pour explorer la Lune. Ces machines, comme les rovers ou les drones, peuvent fonctionner dans des environnements hostiles sans mettre en danger des vies humaines. Par exemple, le programme Artemis de la NASA, prévu pour les années 2020-2030, inclut des missions robotisées pour préparer le terrain avant l'arrivée des astronautes. Ces robots sont capables de collecter des échantillons, de cartographier des zones dangereuses ou de tester des technologies pour de futures bases lunaires. Leur utilisation réduit les risques et permet d'avancer plus rapidement dans l'exploration spatiale.
Malgré la rareté des sorties extravéhiculaires, les missions habitées sur la Lune conservent des objectifs scientifiques et technologiques majeurs. Les astronautes resteront principalement à l'intérieur de modules pressurisés, comme le Lunar Gateway ou des habitats lunaires, pour mener des expériences en laboratoire. Ces missions visent à étudier les effets de la faible gravité (1/6 de celle de la Terre) sur le corps humain, à tester des technologies pour des voyages vers Mars, ou encore à évaluer les ressources lunaires, comme la glace d'eau aux pôles. Les sorties, lorsqu'elles auront lieu, seront soigneusement planifiées pour minimiser les risques.
Le programme *Artemis*, piloté par la NASA avec des partenaires internationaux comme l'ESA (Agence spatiale européenne) ou des entreprises privées comme SpaceX, prévoit un retour des humains sur la Lune dès 2026. Cependant, les sorties extravéhiculaires seront rares et espacées, contrairement aux missions Apollo où les astronautes marchaient librement sur le sol lunaire. D'autres acteurs, comme la Chine avec son programme *Chang'e*, développent également des missions robotisées pour explorer la Lune. Ces initiatives reflètent une approche plus prudente et durable de l'exploration spatiale, où la sécurité prime sur les exploits.

