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Cette maladie courante touche principalement les femmes âgées mais ses symptômes initiaux passent souvent inaperçus

Science & Vie · mis à jour il y a 11 j

Les premiers symptômes de l’ostéoporose ressemblent souvent à de banales maladresses. Trébuchements, chutes et ecchymoses répétées peuvent pourtant accompagner la perte osseuse qui touche surtout les femmes après la ménopause..

Qu'est-ce que l'ostéoporose ?

L'ostéoporose est une maladie qui fragilise les os en réduisant leur densité et leur qualité. Elle se caractérise par une perte progressive de la masse osseuse, ce qui rend les os plus poreux et donc plus susceptibles de se briser. Cette affection touche principalement les femmes après la ménopause, en raison de la baisse du taux d'œstrogènes, une hormone féminine qui joue un rôle clé dans le maintien de la solidité osseuse. En France, on estime qu'environ 3 millions de personnes sont concernées, dont 80 % de femmes âgées de plus de 70 ans. Les os les plus souvent affectés sont ceux de la colonne vertébrale, du poignet et de la hanche. Bien que cette maladie soit courante, elle reste souvent méconnue du grand public, notamment en raison de ses symptômes initiaux discrets.

Symptômes discrets et ignorés

Les premiers signes de l'ostéoporose sont souvent subtils et peuvent être confondus avec des signes normaux du vieillissement. Parmi eux, on retrouve des douleurs lombaires ou dorsales persistantes, une perte de taille progressive due à des fractures vertébrales non diagnostiquées, ou encore une tendance accrue aux fractures après des chutes bénignes. Une étude récente a montré que près de 70 % des femmes de plus de 60 ans ayant subi une fracture du poignet ou de la colonne vertébrale ignoraient qu'elles souffraient d'ostéoporose. Ces symptômes passent fréquemment inaperçus car ils sont attribués à tort à l'âge ou à des problèmes articulaires. Pourtant, une prise en charge précoce pourrait limiter les complications.

Facteurs de risque majeurs

Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer une ostéoporose, notamment l'âge, le sexe féminin, un faible poids corporel, une alimentation pauvre en calcium et en vitamine D, ainsi qu'un manque d'activité physique. D'autres éléments comme le tabagisme, la consommation excessive d'alcool ou la prise prolongée de certains médicaments (comme les corticoïdes) aggravent également ce risque. Les antécédents familiaux de fractures ou d'ostéoporose jouent aussi un rôle important. Par exemple, une femme dont la mère a souffert d'une fracture du col du fémur a deux fois plus de risques de développer elle-même cette maladie. Ces facteurs de risque soulignent l'importance d'un mode de vie sain et d'un suivi médical régulier.

Diagnostic et outils disponibles

Le diagnostic de l'ostéoporose repose principalement sur une ostéodensitométrie, un examen indolore qui mesure la densité minérale des os à l'aide de rayons X. Cet examen, recommandé chez les femmes après 65 ans ou en cas de facteurs de risque, permet de calculer un T-score, un indicateur qui compare la densité osseuse du patient à celle d'une personne jeune en bonne santé. Un T-score inférieur à -2,5 indique une ostéoporose. En France, environ 500 000 ostéodensitométries sont réalisées chaque année, mais ce chiffre reste insuffisant au regard du nombre de personnes potentiellement concernées. D'autres outils, comme des analyses sanguines ou des questionnaires de risque, peuvent compléter le diagnostic.

Prévention et traitements

La prévention de l'ostéoporose passe par des mesures simples mais efficaces : une alimentation riche en calcium (produits laitiers, amandes, légumes verts) et en vitamine D (poissons gras, exposition modérée au soleil), ainsi que la pratique régulière d'exercices physiques, comme la marche ou la musculation légère, qui stimulent la formation osseuse. En cas d'ostéoporose confirmée, des traitements médicamenteux existent, comme les biphosphonates ou des thérapies hormonales substitutives pour les femmes ménopausées. Ces traitements visent à ralentir la perte osseuse et à réduire le risque de fractures. Une étude a montré qu'un traitement précoce peut diminuer de 50 % le risque de fracture de la hanche. Cependant, seulement 20 % des femmes diagnostiquées reçoivent un traitement adapté.

Ce que ça pourrait changer

L'ostéoporose représente un enjeu majeur de santé publique, notamment en raison du vieillissement de la population. En Europe, le nombre de fractures liées à cette maladie devrait augmenter de 30 % d'ici 2030, en raison du vieillissement démographique. Les coûts associés, estimés à plusieurs milliards d'euros par an, incluent les hospitalisations, les soins de rééducation et la perte d'autonomie. Des campagnes de sensibilisation et des programmes de dépistage ciblés, comme celui lancé en 2023 par l'Assurance Maladie en France, visent à améliorer la détection précoce et la prise en charge. Pourtant, des disparités persistent entre les régions et les populations, avec un accès inégal aux examens et aux traitements.

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