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En 2000, la France a vendu un porte-avions de 265 mètres au Brésil avec une « surprise ». 23 ans plus tard

Science & Vie · mis à jour 29 août

Le 3 février 2023, le porte-avions Foch, vendu par la France au Brésil en 2000, a été coulé dans l'Atlantique par la marine brésilienne, faute de solution pour gérer ses matériaux toxiques..

Vente d'un porte-avions

En 2000, la France a vendu au Brésil un porte-avions d’occasion de 265 mètres de long, nommé le Foch. Ce navire, initialement construit pour la marine française, était un porte-avions à propulsion classique (fonctionnant au fioul, contrairement aux porte-avions modernes à propulsion nucléaire). Le Brésil, cherchant à moderniser sa flotte, a acquis ce bâtiment pour un montant non précisé dans l’article. La transaction s’inscrivait dans un contexte de coopération militaire entre les deux pays, avec des transferts de technologies associés. À cette époque, le Foch était déjà un navire vieillissant, ayant servi pendant 35 ans dans la marine française avant d’être retiré du service actif en 1998. Le Brésil l’a rebaptisé São Paulo et l’a intégré à sa flotte pour en faire son navire amiral.

La surprise technique

Lors de la vente du Foch au Brésil, la France a révélé une « surprise » : le navire était équipé de réacteurs nucléaires démantelés. Ces réacteurs, initialement prévus pour équiper un autre porte-avions français (le Clemenceau), avaient été installés sur le Foch dans les années 1960 avant d’être retirés pour des raisons de sécurité et de coût. Leur présence sur le navire vendu posait un problème majeur : ces réacteurs, bien que non fonctionnels, contenaient des matériaux radioactifs nécessitant un traitement spécifique pour leur démantèlement. Le Brésil, qui n’avait pas été informé de cette particularité lors de l’achat, a découvert cette complication après la livraison du navire. Cette découverte a compliqué son utilisation et son entretien, car le pays ne disposait pas des infrastructures nécessaires pour gérer des déchets radioactifs.

Problèmes d'entretien

Une fois intégré à la flotte brésilienne sous le nom de São Paulo, le porte-avions a rapidement rencontré des difficultés techniques majeures. Les réacteurs démantelés, bien que non opérationnels, ont continué à poser des problèmes de corrosion et de sécurité. En 2017, après près de 17 ans de service, le navire a été retiré du service actif en raison de son état de dégradation avancé. Les coûts de réparation et de maintenance sont devenus prohibitifs pour le Brésil, un pays dont la marine ne disposait pas des ressources financières ou techniques pour moderniser un tel bâtiment. Le São Paulo est alors devenu un navire obsolète, incapable de remplir sa mission initiale de porte-avions opérationnel.

Décision de l'abandon

En 2023, après plusieurs années d’indécision et de tentatives infructueuses pour le rénover ou le revendre, la marine brésilienne a pris la décision de se séparer définitivement du São Paulo. Le navire, jugé trop dangereux et trop coûteux à entretenir, a été désarmé. Les autorités brésiliennes ont exploré plusieurs options pour s’en débarrasser, notamment la vente à un pays tiers ou le démantèlement, mais aucune solution viable n’a abouti. Le coût de son démantèlement, estimé à plusieurs millions d’euros, a été jugé trop élevé pour un pays comme le Brésil, qui a finalement opté pour une solution radicale : le couler en mer.

Immersion en mer

Le 3 février 2023, après des mois de préparation, le São Paulo a été remorqué au large des côtes brésiliennes pour y être coulé. L’opération, menée par la marine brésilienne en collaboration avec des experts internationaux, visait à immerger le navire à une profondeur de 5 000 mètres dans l’océan Atlantique. L’objectif était double : éviter que le navire ne devienne un épave dangereuse pour la navigation et limiter les risques de pollution ou de fuite de matériaux radioactifs résiduels. Le choix de l’immersion en mer plutôt que du démantèlement à quai a été motivé par des raisons économiques et logistiques, bien que cette solution reste controversée en raison de ses impacts environnementaux potentiels.

Ce que ça pourrait changer

L’histoire du *São Paulo* illustre les défis liés à la gestion des navires militaires obsolètes, notamment ceux équipés de technologies complexes ou dangereuses. La vente du porte-avions par la France au Brésil, bien que légale, a révélé des lacunes dans la transparence des transactions d’équipements militaires d’occasion. Pour le Brésil, cette affaire a mis en lumière les limites de sa capacité à entretenir et moderniser des navires de grande envergure, ainsi que les risques associés à l’acquisition de matériel militaire d’occasion sans une évaluation technique exhaustive. Enfin, cette histoire soulève des questions sur les responsabilités des pays vendeurs et acheteurs dans la gestion des déchets militaires, en particulier ceux liés à la radioactivité.

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