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Géopolitique

En Italie, un escroc avait construit son propre “amphithéâtre antique” pour plumer les touristes

Courrier International · mis à jour il y a 7 j

Pendant des années, l’amphithéâtre d’Arcugnano, près de Vicence, a attiré les foules par ses colonnades et ses statues prétendument antiques. Mais tout était faux, le site ayant été entièrement construit par le propriétaire des lieux.

Un faux site archéologique

En Italie, près de la ville de Vicence, un homme nommé Franco Malosso a construit de toutes pièces un amphithéâtre antique sur un terrain de près de 5 000 mètres carrés. Ce site, baptisé amphithéâtre d’Arcugnano, était entièrement artificiel : ni grec ni romain, il ne datait pas de l’Antiquité comme il le prétendait. Les colonnes, les statues et les structures en pierre étaient des créations modernes, assemblées pour tromper les visiteurs. L’escroc faisait payer jusqu’à 40 euros l’entrée pour visiter ce lieu présenté comme un vestige historique majeur, attirant des milliers de touristes chaque année. Certains événements, comme des concerts, y étaient même organisés, renforçant l’illusion d’un site authentique et vivant.

Une arnaque bien rodée

Franco Malosso, propriétaire du terrain, se présentait comme le découvreur et le créateur de ce site, affirmant même que des figures historiques comme Jules César, Cléopâtre ou Juliette Capulet (l’héroïne de Roméo et Juliette) s’y étaient rendues. Pour crédibiliser son faux site, il inventait des récits et des légendes locales, jouant sur l’attrait des touristes pour l’histoire et l’archéologie. Le site était si convaincant que des visiteurs laissaient des commentaires élogieux sur des plateformes comme TripAdvisor, qualifiant l’endroit de unique au monde. Pourtant, aucune preuve archéologique ou historique ne venait étayer ces affirmations, car tout avait été fabriqué de toutes pièces par Malosso lui-même.

La découverte du pot aux roses

En octobre 2016, les forces de l’ordre italiennes, alertées par un signalement, ont mené une enquête sur place. Les carabiniers de la Tutela del patrimonio culturale (TPC), une unité spécialisée dans la protection du patrimoine culturel, ont rapidement démasqué la supercherie. En quelques heures seulement, ils ont confirmé que le site était entièrement moderne et que Malosso en était l’auteur. Cette unité, souvent appelée police du patrimoine, est chargée de lutter contre le trafic d’œuvres d’art, les falsifications et les destructions de sites historiques. Leur intervention a permis de mettre fin à cette arnaque qui durait depuis plusieurs années.

Les conséquences judiciaires

La justice italienne a finalement condamné Franco Malosso à détruire son faux amphithéâtre, une décision prise pour réparer le préjudice causé aux touristes et à la crédibilité des sites archéologiques locaux. Cette affaire illustre les risques liés aux contrefaçons dans le domaine du patrimoine, où l’authenticité est un critère essentiel pour les visiteurs et les chercheurs. En Italie, pays riche en vestiges antiques, de telles falsifications peuvent porter atteinte à la réputation des sites réels et induire en erreur les amateurs d’histoire. La condamnation de Malosso envoie un message clair : la fabrication de faux sites archéologiques est un délit puni par la loi.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire rappelle l’importance de protéger le patrimoine culturel italien, l’un des plus riches au monde. La *Tutela del patrimonio culturale* (TPC) joue un rôle clé dans cette mission, en collaboration avec d’autres institutions comme le ministère de la Culture. En Italie, les sites archéologiques authentiques, comme l’amphithéâtre de Pouzzoles près de Naples, attirent des millions de visiteurs chaque année. Ces lieux, souvent classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, sont des témoignages précieux de l’histoire romaine et grecque. Leur préservation est essentielle pour éviter que des escrocs ne profitent de la crédulité des touristes pour propager des contrefaçons.

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