En Italie, le procès de l’effondrement du pont Morandi à Gênes accouche de nombreuses condamnations
Le 14 août 2018, à Gênes, le viaduc Morandi s’écroulait, causant la mort de 43 personnes. Une tragédie qui aura marqué l’Italie.
Le 14 août 2018, le pont Morandi, un viaduc autoroutier situé à Gênes en Italie, s’effondre partiellement, provoquant la mort de 43 personnes. Ce pont, géré par la société Autostrade per l’Italia (abrégée Aspi), était un axe majeur pour le trafic routier dans la région. L’accident survient après des années de débats sur l’état de dégradation des infrastructures en Italie, où de nombreux ponts et viaducs sont jugés vétustes. Les causes de l’effondrement sont rapidement attribuées à des négligences dans l’entretien et à des défauts structurels du pont, construit dans les années 1960.
Giovanni Castellucci, ancien directeur général d’Aspi, a été condamné à douze ans de prison pour son rôle dans la tragédie du pont Morandi. Le parquet avait initialement requis dix-huit ans et demi de prison contre lui, l’accusant de négligences dans l’entretien du viaduc et de délits d’homicides routiers (infractions pénales liées à la mort de personnes causée par des manquements à la sécurité). Castellucci purge déjà une peine d’un an de prison pour un autre accident similaire, l’effondrement du viaduc d’Acqualonga en 2009, qui avait fait 40 morts. Il a toujours affirmé se sentir responsable mais pas coupable, soulignant que les décisions étaient collectives.
Trente-deux personnes ont été condamnées dans ce procès, dont des dirigeants et techniciens d’Aspi, de Spea (une autre société impliquée dans la gestion du pont) et du ministère italien des Infrastructures. Parmi les condamnations les plus médiatisées figure celle de Mauro Coletta, responsable de la surveillance des concessions autoroutières au ministère des Infrastructures à l’époque des faits. Il a écopé de cinq ans de prison, contre dix ans requis par le parquet. D’autres accusés, comme des ingénieurs et des responsables techniques, ont reçu des peines allant de quelques mois à plusieurs années de prison.
Le procès a révélé des pratiques de gestion critiquées des sociétés Aspi et Spea. Selon le parquet, ces entreprises auraient effectué des contrôles bidon (simulés ou superficiels) sur le pont Morandi, voire aucun contrôle dans certaines zones cruciales du viaduc. L’entretien du pont aurait été quasi inexistant, malgré l’état de dégradation avancé des structures. Parallèlement, les recettes financières d’Aspi continuaient d’augmenter, ce qui a été interprété comme une preuve de priorité donnée aux profits plutôt qu’à la sécurité. Ces révélations ont choqué l’opinion publique italienne.
Egle Possetti, présidente du *Comité en souvenir des victimes de l’écroulement du pont Morandi*, a exprimé sa satisfaction face aux condamnations, les jugeant nécessaires pour établir les responsabilités dans cette tragédie. Elle a souligné que l’affaire était inacceptable sans sanctions sévères, compte tenu des éléments accablants contre les accusés. Cependant, l’avocat de Giovanni Castellucci a annoncé son intention de faire appel de la décision, ce qui signifie que le procès n’est pas encore définitivement clos. Les familles des victimes attendent désormais une issue définitive pour tourner cette page douloureuse.

