Santé des étudiants : plus d’un sur deux entre à l’université avec une fragilité physique ou mentale
26 % des étudiants présentent une vulnérabilité psychique lors de leur entrée à l'université. Tim Gouw / Unsplash , CC BY Dans l’imaginaire collectif, les années étudiantes sont souvent associées à une période d’insouciance et d’émancipation.
Plus de la moitié des étudiants entrant à l’université en France présentent une fragilité physique ou mentale, selon une enquête menée fin 2025 auprès de 3 000 étudiants de première année à l’Université de Lille. Cette étude révèle que 28 % des étudiants souffrent principalement d’une vulnérabilité physique, marquée par une condition physique faible, un surpoids ou une obésité. Par ailleurs, 26 % des étudiants présentent surtout une vulnérabilité psychologique, avec des niveaux élevés d’anxiété, de symptômes dépressifs et une qualité de vie dégradée. Enfin, 46 % des étudiants affichent des indicateurs favorables à la fois sur le plan physique et mental. Ces résultats soulignent une réalité préoccupante : l’entrée à l’université coïncide souvent avec une période de stress et de changements majeurs, comme l’éloignement familial, l’augmentation des responsabilités ou l’incertitude face à l’avenir, qui peuvent aggraver ces fragilités.
L’entrée à l’université représente une transition majeure pour les jeunes adultes, souvent accompagnée de défis significatifs. Parmi ceux-ci figurent l’éloignement du cadre familial, la gestion de nouvelles responsabilités financières, la recherche d’un premier emploi, une charge de travail accrue et des incertitudes concernant l’avenir professionnel. Ces changements peuvent peser lourdement sur la santé des étudiants. À l’échelle mondiale, près d’un étudiant sur cinq présente un trouble de santé mentale, tandis que plusieurs études montrent une diminution de l’activité physique et une augmentation des comportements sédentaires après l’entrée dans l’enseignement supérieur. Ces facteurs contribuent à la dégradation de la santé des étudiants, un phénomène documenté depuis plusieurs années par la littérature scientifique.
L’activité physique est reconnue comme un levier essentiel pour améliorer à la fois la santé physique et mentale des étudiants. Les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconisent au moins 150 minutes d’activité modérée ou 75 minutes d’activité soutenue par semaine. Cependant, les attentes des étudiants envers l’activité physique varient considérablement selon leur profil de santé et leur sexe. Les étudiantes recherchent principalement des bénéfices psychologiques, comme la réduction du stress ou l’équilibre personnel, ainsi que des solutions pratiques, comme la proximité des installations sportives ou la compatibilité avec leur emploi du temps. Chez les hommes, les attentes sont plus diversifiées : ceux en bonne santé privilégient les bénéfices physiques, tandis que ceux souffrant de vulnérabilités psychologiques recherchent aussi le bien-être mental.
Les programmes traditionnels de promotion de l’activité physique, qui proposent des solutions uniformes à tous les étudiants, montrent leurs limites. En effet, les besoins d’un étudiant sportif visant à améliorer ses performances diffèrent radicalement de ceux d’un étudiant souffrant d’anxiété ou d’un jeune adulte cherchant à retrouver confiance en son corps. Pour être efficace, une approche personnalisée est nécessaire. Les outils numériques, comme les applications mobiles ou les objets connectés, permettent aujourd’hui d’offrir un accompagnement adapté aux caractéristiques et aux objectifs de chacun. Par exemple, une étudiante présentant une vulnérabilité psychologique pourrait bénéficier de séances centrées sur la gestion du stress, tandis qu’un étudiant physiquement vulnérable pourrait suivre un programme visant à améliorer son endurance ou sa force.
Face à l’augmentation des vulnérabilités chez les étudiants, les universités jouent un rôle clé dans l’accompagnement de cette génération confrontée à des défis croissants. L’enjeu ne se limite pas à la promotion de l’activité physique : il s’agit de mieux identifier les besoins spécifiques des étudiants et de les orienter vers des dispositifs adaptés à leur profil et à leurs problématiques de santé. Cette approche individualisée pourrait permettre de répondre de manière plus efficace aux difficultés rencontrées par les jeunes adultes lors de leur transition vers l’enseignement supérieur. Les résultats de l’étude de Lille illustrent l’importance de cette adaptation pour améliorer leur bien-être global.

