La mère d’un enfant tué dans son lit ne veut pas qu’il soit « une autre statistique »
JahVai, 8 ans, a été atteint mortellement par une balle perdue, tirée de l'extérieur de sa résidence..
En août 2025, Holly Roy, une mère autochtone de Toronto, a vécu un drame insoutenable : son fils de 8 ans, JahVai Roy, a été tué par une balle perdue alors qu’il dormait dans son lit, dans leur appartement situé au nord de la ville. À seulement 1 an de cet événement, Holly Roy retourne pour la première fois sur la tombe de son enfant pour célébrer sa vie. Elle décrit JahVai comme un garçon énergique et aventureux, très proche d’elle, avec qui elle partageait de nombreuses activités. La douleur de cette perte est décrite comme irréelle par la mère, qui doit désormais se consacrer à ses deux autres enfants, une adolescente et un jeune homme de 20 ans. Holly Roy évoque aussi le soutien de sa famille et de sa spiritualité autochtone pour traverser cette épreuve.
Holly Roy refuse que la mort de son fils soit réduite à une simple statistique dans les rapports sur la violence armée à Toronto. Elle souligne que trois mineurs ont été accusés de meurtre au premier degré dans cette affaire, un terme juridique désignant un crime prémédité ou commis avec une extrême gravité. Selon elle, cette tragédie doit servir de levier pour des changements concrets, notamment en réformant la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents au Canada. Cette loi encadre le traitement des mineurs accusés d’infractions criminelles, avec des peines généralement moins sévères que pour les adultes. Holly Roy critique aussi le phénomène où des adultes recrutent des jeunes pour commettre des crimes, en profitant des peines allégées pour les mineurs.
Holly Roy identifie plusieurs facteurs contribuant à la violence chez les jeunes, comme l’environnement social, la santé mentale et le manque de ressources ou d’accompagnement. Elle insiste sur l’importance du mentorat et de l’accès à des emplois pour ces jeunes, qu’elle considère comme des leviers essentiels pour briser le cycle de la violence. Elle salue le travail des groupes communautaires sur le terrain, mais estime que leur action ne suffit pas sans un engagement plus large de la société. Holly Roy appelle notamment les résidents non directement touchés par cette violence à s’impliquer, car selon elle, tout le monde mérite de se sentir en sécurité dans sa ville. Elle espère que cette tragédie pourra inspirer des actions collectives pour rendre Toronto plus sûre.
Ce drame s’inscrit dans un contexte plus large de violence armée à Toronto, où des rassemblements et des veillées aux chandelles ont eu lieu après la mort de JahVai Roy, notamment en août 2025. Holly Roy, qui milite depuis des années contre la violence liée aux armes à feu, utilise sa plateforme pour plaider en faveur de réformes structurelles. Elle met en avant l’importance de la *prévention* et de la *sécurité communautaire*, tout en critiquant les lacunes systémiques qui permettent à des jeunes de basculer dans la criminalité. Son combat vise à transformer une tragédie personnelle en un mouvement collectif pour des solutions durables.

