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Comment des publicités d’apparence anodine permettent de diffuser des logiciels d’espion

Le Monde : Libertés numériques · mis à jour il y a 21 j

Deux rapports publiés jeudi lèvent le voile sur Discover Tech, une entreprise israélienne spécialisée dans la publicité en ligne qui vend ses services au secteur de la surveillance..

Publicités piégées

Des publicités en ligne, apparemment inoffensives, peuvent cacher des logiciels malveillants conçus pour espionner les utilisateurs. Ces annonces, diffusées sur des sites web légitimes, exploitent des failles techniques pour infecter les appareils. Par exemple, une publicité peut sembler proposer une réduction ou une offre promotionnelle, mais en réalité, elle redirige vers un site frauduleux ou télécharge automatiquement un malware (logiciel malveillant) sans que l'utilisateur n'ait besoin de cliquer. Ces attaques, appelées drive-by downloads (téléchargements forcés), se produisent souvent en arrière-plan, sans que la victime ne s'en aperçoive. Les cybercriminels utilisent des réseaux publicitaires légitimes pour diffuser leurs annonces malveillantes, ce qui rend leur détection particulièrement difficile. En 2026, cette méthode est devenue l'une des principales portes d'entrée pour les logiciels d'espionnage, notamment ceux ciblant les entreprises ou les gouvernements.

Mécanisme d'infection

Le processus d'infection repose sur l'exploitation de vulnérabilités dans les navigateurs web ou leurs extensions. Lorsqu'un utilisateur visite un site web infecté, une publicité malveillante (malvertising) peut déclencher une série d'actions automatiques. Par exemple, un script intégré à l'annonce profite d'une faille non corrigée dans le navigateur pour exécuter un code malveillant. Ce code peut alors installer un spyware (logiciel espion), qui collecte des données sensibles comme les mots de passe, les frappes au clavier ou les fichiers locaux. Les attaquants ciblent souvent des versions obsolètes de logiciels, comme des navigateurs non mis à jour ou des plugins désuets. Une fois installé, le logiciel espion peut transmettre les données volées à des serveurs contrôlés par les cybercriminels, parfois via des réseaux comme Tor (The Onion Router) pour masquer leur localisation.

Acteurs et cibles

Les cybercriminels derrière ces attaques utilisent des réseaux publicitaires légitimes pour diffuser leurs annonces malveillantes, ce qui complique leur traçage. Ces réseaux, comme Google Ads ou Meta Ads, sont souvent piratés ou exploités via des comptes frauduleux. Les cibles principales incluent les entreprises, les institutions gouvernementales et les particuliers utilisant des appareils non protégés. Par exemple, en 2026, des rapports indiquent que des logiciels espions comme Pegasus (développé par le groupe NSO) ou des variantes plus récentes ont été distribués via ce canal. Les attaquants peuvent aussi cibler des secteurs spécifiques, comme la santé ou la finance, où les données sensibles sont particulièrement recherchées. Les coûts de ces attaques pour les victimes incluent des pertes financières, des atteintes à la réputation et des risques juridiques.

Conséquences et risques

Les logiciels espions installés via des publicités malveillantes peuvent avoir des conséquences graves. Ils permettent aux attaquants d'accéder à des informations confidentielles, comme des échanges professionnels, des données bancaires ou des secrets industriels. Par exemple, un employé infecté peut involontairement transmettre des informations stratégiques à des concurrents ou à des États étrangers. Les risques incluent également le chantage, l'usurpation d'identité ou des attaques par ransomware (rançongiciel) ultérieures. En 2026, des cas documentés montrent que des entreprises ont subi des pertes estimées à plusieurs millions d'euros en raison de fuites de données causées par ces logiciels. Les particuliers ne sont pas épargnés : leurs données personnelles peuvent être vendues sur le dark web (partie cachée d'Internet) ou utilisées pour des fraudes.

Ce que ça pourrait changer

Pour se protéger contre ces attaques, les experts recommandent plusieurs mesures. D'abord, maintenir ses logiciels à jour, notamment les navigateurs et les systèmes d'exploitation, car les correctifs comblent souvent les failles exploitées par les cybercriminels. Ensuite, utiliser des outils de sécurité comme des *antivirus* (logiciels de protection) ou des *ad blockers* (bloqueurs de publicités) pour filtrer les annonces malveillantes. Il est aussi conseillé de désactiver les scripts JavaScript dans les navigateurs pour limiter les risques d'exécution de code malveillant. Les entreprises doivent former leurs employés à reconnaître les tentatives de *phishing* (hameçonnage) et mettre en place des politiques de sécurité strictes, comme le *zero trust* (modèle de sécurité où aucun utilisateur ou appareil n'est considéré comme fiable par défaut). Enfin, signaler les publicités suspectes aux plateformes publicitaires ou aux autorités compétentes, comme la *CNIL* (Commission nationale de l'informatique et des libertés) en France.

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