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Droit

Lunettes connectées : le régulateur européen demande de rendre « clairement visibles » les fonctions d’enregistrement au nom du respect de la vie privée

Le Monde : Libertés numériques · mis à jour il y a 1 j

Le Comité européen de la protection des données propose notamment de doter de ces appareils « des LED lumineuses, des signaux sonores, des commandes vocales, des notifications respectueuses de la vie privée sur smartphone ou encore grâce à un design distinctif » lorsqu’ils sont utilisés pour filmer ou enregistrer du son..

Régulateur européen alerte

Le 13 octobre 2026, le régulateur européen de la protection des données, appelé EDPB (European Data Protection Board), a publié une recommandation concernant les lunettes connectées. Ces dispositifs, qui intègrent des fonctionnalités d'enregistrement (vidéo, audio ou photo), doivent désormais rendre ces capacités clairement visibles pour les utilisateurs et les personnes environnantes. L'objectif est de renforcer le respect du RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données), une loi européenne entrée en vigueur en 2018 qui encadre la collecte et l'utilisation des données personnelles. Le régulateur souligne que l'opacité de ces fonctions pourrait entraîner des violations de la vie privée, notamment dans des lieux publics où les individus ne sont pas toujours conscients d'être filmés ou enregistrés.

Lunettes connectées en cause

Les lunettes connectées sont des dispositifs technologiques portés comme des lunettes classiques, mais équipés de capteurs, de caméras et parfois d'intelligence artificielle. Elles permettent par exemple de prendre des photos ou vidéos en temps réel, de traduire des textes à l'écran ou d'accéder à des informations numériques. Leur usage soulève des questions éthiques et légales, car elles peuvent filmer des personnes sans leur consentement explicite. En Europe, leur popularité croissante a poussé les autorités à encadrer leur utilisation pour éviter les abus. Aucune donnée chiffrée sur leur adoption n'est mentionnée dans l'article, mais leur développement s'inscrit dans une tendance plus large de miniaturisation des technologies numériques.

Visibilité obligatoire des fonctions

Le régulateur exige que les fonctions d'enregistrement des lunettes connectées soient immédiatement identifiables par un signal visuel ou sonore. Par exemple, une LED rouge clignotante ou un message d'avertissement pourrait être utilisé pour indiquer qu'un enregistrement est en cours. Cette mesure vise à informer les personnes filmées ou enregistrées, même si elles ne portent pas elles-mêmes le dispositif. L'EDPB rappelle que le RGPD impose déjà cette transparence, mais que son application reste inégale. Les fabricants devront adapter leurs produits pour se conformer à cette recommandation, sous peine de sanctions financières pouvant aller jusqu'à 4 % de leur chiffre d'affaires mondial, conformément au RGPD.

Contexte juridique et enjeux

Cette recommandation s'inscrit dans un cadre juridique européen strict. Le RGPD, appliqué depuis 2018, impose aux entreprises de garantir la protection des données personnelles et de recueillir le consentement des personnes concernées. Les lunettes connectées, en tant que dispositifs collectant des données biométriques (images, voix), sont particulièrement concernées. L'EDPB, composé de représentants des autorités nationales de protection des données, joue un rôle clé dans l'interprétation et l'application de ces règles. Leur intervention fait suite à des signalements d'utilisateurs et d'associations de défense des droits numériques, inquiets des risques de surveillance de masse ou de harcèlement lié à ces technologies.

Ce que ça pourrait changer

L'article ne mentionne pas de réaction officielle des fabricants de lunettes connectées, mais cette recommandation pourrait les inciter à modifier leurs produits. Les associations de consommateurs et les défenseurs de la vie privée devraient saluer cette décision, tandis que certains utilisateurs pourraient critiquer une contrainte supplémentaire. L'EDPB n'a pas fixé de délai pour la mise en conformité, mais les entreprises sont incitées à agir rapidement pour éviter des sanctions. À plus long terme, cette mesure pourrait inspirer d'autres régulateurs dans le monde, notamment aux États-Unis ou en Asie, où les règles en matière de vie privée sont souvent moins strictes.

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