C’est inédit. 40 % des impôts d’Apple sont partis dans ce pays d’Europe l’année dernière
Apple est une entreprise américaine, mais 17,1 milliards de dollars d'impôts sur son exercice 2025 ont été payés à l'Irlande, sur obligation de l'Union européenne. Un chiffre anormalement haut qui s'explique par une décision juridique..
En 2025, Apple a versé 43,2 milliards de dollars d'impôts dans le monde. Sur ce montant, 40 % (soit 17,1 milliards de dollars) ont été payés à l'Irlande. Cette situation est exceptionnelle car Apple est une entreprise américaine, officiellement enregistrée dans l'État du Delaware et dont le siège social se trouve en Californie. Cependant, ses principales filiales européennes sont basées en Irlande, à Cork, où se trouvent notamment Apple Operations International et Apple Operations Europe. Les 60 % restants des impôts ont été payés aux États-Unis et dans d'autres filiales locales. Ce chiffre record s'explique par un événement juridique majeur.
Les 17,1 milliards de dollars d'impôts versés à l'Irlande incluent 15,18 milliards de dollars (soit 13 milliards d'euros) d'impayés fiscaux. Ces montants correspondent à une amende imposée par la Cour de justice de l'Union européenne en septembre 2024. La décision valide une sanction de la Commission européenne datant de 2016. Selon Bruxelles, l'Irlande avait accordé à Apple des avantages fiscaux illégaux, assimilés à des aides d'État, lui permettant de payer très peu d'impôts pendant des années. Apple et l'Irlande ont combattu cette décision pendant huit ans devant les tribunaux européens avant d'être finalement condamnés.
L'Irlande, qui a bâti une partie de son économie sur l'attraction des multinationales grâce à des conditions fiscales avantageuses, se retrouve dans une position délicate. Bien que condamnée à recevoir ces 13 milliards d'euros, l'Irlande ne souhaite pas les percevoir. En effet, cette somme représente une amende et non un impôt régulier. Si Apple devait payer ces montants sous forme d'impôts normaux, cela pourrait nuire à la réputation de l'Irlande comme paradis fiscal pour les grandes entreprises. De plus, cela pourrait décourager d'autres multinationales de s'installer dans le pays.
Jusqu'à récemment, il était impossible de connaître la répartition géographique des impôts payés par les grandes entreprises comme Apple. Cependant, de nouvelles réglementations européennes obligent désormais ces entreprises à publier leurs données financières et fiscales pays par pays. Cette transparence a permis de révéler que 40 % des impôts mondiaux d'Apple ont été versés à l'Irlande en 2025. Cette obligation s'inscrit dans une volonté de l'Union européenne de lutter contre l'évasion fiscale et d'assurer une concurrence équitable entre les États membres.
La publication de ces chiffres pourrait susciter des réactions aux États-Unis. Apple, deuxième plus grande entreprise américaine, a payé 40 % de ses impôts à l'Union européenne, ce qui pourrait irriter l'administration américaine. Par ailleurs, cette situation met en lumière les tensions entre les États-Unis et l'Union européenne concernant la fiscalité des multinationales. Les États-Unis pourraient critiquer cette décision, estimant que l'Europe s'approprie des recettes fiscales qui devraient revenir aux États-Unis, où Apple est enregistrée.

