Les parents de Nooran Rezayi demandent à la cour l’identité de l’agent ayant tué leur fils
Ils présenteront leur demande à la Cour supérieure la semaine prochaine..
Nooran Rezayi, un adolescent de 15 ans, a été tué par un policier le 21 septembre 2025 à Longueuil, au Québec. Les circonstances exactes de sa mort restent floues et font encore l'objet d'une enquête. Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), un organisme québécois chargé d'enquêter sur les interventions policières ayant causé des blessures graves ou des décès, a terminé son enquête mais certains rapports d'expertise manquent encore. Une fois ces documents reçus, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) examinera le dossier pour décider s'il y a lieu de porter des accusations criminelles contre un ou plusieurs policiers. Le DPCP est l'autorité québécoise responsable de décider si une affaire mérite d'être poursuivie en justice.
Les parents de Nooran Rezayi ont demandé à la Cour supérieure de révéler l'identité du policier ayant tiré sur leur fils, ainsi que celle de son coéquipier. Cette demande sera présentée la semaine prochaine. Si la cour leur donne raison, la Ville de Longueuil a déjà annoncé qu'elle demanderait immédiatement une ordonnance de non-publication des noms pour des raisons de sécurité. La Ville craint que la divulgation des identités expose les policiers à des risques physiques, notamment après des menaces violentes reçues sur les réseaux sociaux, dont un contrat pour assassiner un policier publié sur Instagram trois jours après l'intervention. Le Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL) a même mis en place un plan de protection exceptionnel pour l'un des policiers.
Deux mois et demi après la mort de Nooran Rezayi, sa famille a lancé une poursuite civile de plus de 2 millions de dollars contre la Ville de Longueuil et les policiers impliqués dans l'intervention. En mars 2026, les proches des autres adolescents présents sur les lieux ont également poursuivi la Ville et le SPAL pour un montant de 1,8 million de dollars. Ces poursuites visent à obtenir réparation pour les dommages subis. La famille Rezayi et les autres plaignants s'adresseront ensemble à la Cour supérieure pour demander la divulgation des noms des policiers. Le procureur général du Québec s'oppose à cette demande.
La Ville de Longueuil justifie sa demande de non-publication des identités par les menaces graves reçues par les policiers, incluant des appels au meurtre sur les réseaux sociaux. Si le tribunal autorise la divulgation des noms, la Ville pourrait immédiatement demander une ordonnance pour les cacher, au moins jusqu'à ce que le DPCP rende sa décision sur d'éventuelles accusations criminelles. Si des policiers sont poursuivis, leurs identités deviendront publiques, comme c'est la règle dans les affaires similaires. En revanche, si aucune accusation n'est portée, leurs noms resteront confidentiels. La date à laquelle le DPCP rendra sa décision reste inconnue.

