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Généraliste

L’IA, à la fois un puissant moteur et un danger pour l’économie mondiale

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 1 h

Le FMI pointe un monde à deux vitesses, l'industrie IA demeurant concentrée sur un nombre restreint de pays..

IA comme moteur économique

L’intelligence artificielle (IA) est présentée comme le principal moteur de la croissance économique mondiale en 2026, selon le Fonds monétaire international (FMI). Elle a permis d’amortir les chocs liés aux prix de l’énergie et a contribué à une croissance mondiale estimée à 3,1 % cette année. Entre 2023 et 2025, le commerce mondial a progressé de 8,3 %, mais sans l’IA, cette croissance aurait été réduite de moitié. Les échanges liés à l’IA ont bondi de 29 % sur la même période, illustrant son impact significatif. Des experts comme Silvana Tenreyro, économiste en chef du FMI, soulignent que l’IA représente probablement le changement le plus déterminant pour l’économie mondiale de leur vivant. Les investissements massifs dans les centres de données et les puces électroniques ont dopé le produit intérieur brut (PIB), les marchés boursiers et les flux commerciaux, selon Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada.

Inégalités géographiques

L’industrie de l’IA reste très concentrée géographiquement, créant un monde à deux vitesses. Taïwan et la Corée du Sud assurent 62 % du commerce mondial de puces et composants informatiques liés à l’IA, tandis que les États-Unis et la Chine abritent 57 % des centres de données construits depuis 2024. Cette concentration expose l’économie mondiale à des risques en cas de ralentissement ou de crise dans ces régions. Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, met en garde contre une dépendance excessive à un seul secteur ou à quelques pays. Elle rappelle que les infrastructures numériques et l’accès à l’électricité restent inégaux, notamment dans les pays les moins développés, où la Banque mondiale recommande de privilégier des applications d’IA adaptées à des besoins locaux comme la santé, l’éducation ou l’agriculture.

Risques financiers majeurs

L’essor de l’IA s’accompagne de risques financiers importants. Les acteurs américains du secteur ont levé environ 500 milliards de dollars de dette entre janvier et septembre 2026, ce qui concurrence les émissions d’obligations d’État et contribue à la hausse des rendements obligataires. Une perte de confiance des investisseurs pourrait entraîner un désengagement massif, fragilisant la stabilité financière mondiale. Le FMI évoque un scénario où un repli des investissements dans l’IA réduirait le PIB mondial de 0,4 % d’ici 2028. Par ailleurs, la remontée des taux d’intérêt et la hausse des coûts de l’énergie menacent la viabilité économique des projets liés à l’IA, en augmentant les coûts d’exploitation et de financement. Un conflit prolongé au Moyen-Orient aggraverait ces risques.

Cybersécurité et régulation

Les risques de cyberattaques contre les infrastructures financières s’intensifient avec le développement de l’IA. Le G7 a annoncé à Bangkok la création d’un groupe de travail pour renforcer la cybersécurité et mieux se préparer à ces menaces. Par ailleurs, l’absence de régulation suffisante de l’IA pourrait transformer les opportunités en risques majeurs. Kristalina Georgieva, du FMI, souligne que les gains de productivité restent limités et que l’IA en est encore à ses balbutiements. Elle insiste sur la nécessité de mettre en place des garde-fous pour éviter une correction brutale des marchés, tout en reconnaissant que des améliorations progressives de la productivité individuelle sont déjà observées.

Impact sur l’emploi

L’impact de l’IA sur le marché du travail reste une inconnue majeure. Elle pourrait détruire certains emplois tout en en créant de nouveaux, sans que l’ampleur de ces transformations soit encore claire. Jack Clark, cofondateur d’Anthropic, une entreprise spécialisée dans l’IA, a souligné à Bangkok la nécessité de partager les données pour adapter les politiques publiques. Il a averti que certains secteurs pourraient voir leur marché du travail fragilisé par l’IA. Les experts s’accordent à dire que cette technologie transformera profondément l’économie mondiale, à l’image de l’essor d’Internet dans les années 1990, marqué par une bulle spéculative suivie d’un effondrement avant de s’imposer durablement.

Ce que ça pourrait changer

Le modèle économique de l’IA repose en grande partie sur l’endettement. Les acteurs américains du secteur ont contracté environ 500 milliards de dollars de dette en 2026, ce qui pose des questions sur la soutenabilité de ce modèle. Cette dette concurrence les émissions d’obligations d’État, contribuant à la hausse des rendements obligataires. Les experts de Moody’s Analytics estiment que la remontée des taux d’intérêt et la hausse des coûts de l’énergie pourraient rendre certains projets d’IA non viables. Un conflit prolongé au Moyen-Orient aggraverait ces difficultés, en pesant sur les fondements économiques des investissements dans ce secteur.

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