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Géopolitique

En Chine, les contrôles renforcés dans le métro de Shenzhen suscitent une rare salve de critiques

Courrier International · mis à jour il y a 14 j

Depuis le durcissement, le 20 juillet, des contrôles de sécurité dans le métro de Shenzhen, des files d’attente longues de plusieurs centaines de mètres sont apparues devant une dizaine de grandes stations. De quoi provoquer des critiques contre le discours officiel du “tout pour le peuple” prôné par les autorités, et même des appels à supprimer ces contrôles dans l’ensemble des métros du pays..

Nouveaux contrôles à Shenzhen

Depuis le 20 juillet 2026, la ville chinoise de Shenzhen, située dans le sud du pays et comptant près de 18 millions d'habitants, a instauré des contrôles de sécurité renforcés dans ses stations de métro. Ces mesures obligent tous les passagers à faire scanner leurs bagages et leurs vêtements, même s'ils n'ont rien dans les mains. Un scanner portatif est utilisé pour vérifier les poches et les vêtements des voyageurs. Cette décision a été prise dans un contexte où les autorités chinoises mettent en avant le discours officiel du « tout pour le peuple », promettant une société au service de ses citoyens. Pourtant, ces contrôles systématiques ont immédiatement suscité des réactions négatives parmi la population locale.

Files d'attente record

Dès le lendemain de l'entrée en vigueur des nouveaux contrôles, des images montrant des files d'attente de plusieurs centaines de mètres devant une dizaine de stations de métro ont circulé sur les réseaux sociaux chinois, notamment sur la plateforme Weibo. À l'heure de pointe du matin, certains passagers ont dû attendre jusqu'à trente minutes pour passer les contrôles. Cette situation a provoqué une vague de critiques, car elle contredit l'image d'une ville moderne et efficace que Shenzhen cherche à projeter. Les habitants dénoncent un manque d'organisation et une perte de temps considérable, alors que la ville se présente comme un modèle de développement économique en Chine.

Réactions des internautes

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes chinois ont exprimé leur mécontentement face à ces mesures. Un commentaire publié en réponse à un article du journal Diyi Caijing a résumé l'opinion générale avec la phrase « Le peuple n'est pas l'ennemi du pays », soulignant le paradoxe entre ces contrôles intrusifs et le discours officiel mettant en avant le bien-être des citoyens. Le hashtag « contrôles de sécurité dans le métro de Shenzhen » est rapidement devenu l'un des plus populaires sur Weibo, reflétant l'ampleur de la contestation. Certains utilisateurs ont même appelé à supprimer ces contrôles dans l'ensemble des métros chinois, une demande rare dans un pays où la critique publique est souvent limitée.

Ce que ça pourrait changer

Ces contrôles renforcés s'inscrivent dans une politique de sécurité accrue en Chine, où les autorités multiplient les dispositifs de surveillance pour prévenir les risques d'attentats ou de troubles publics. Cependant, cette approche suscite de plus en plus de tensions, notamment dans les grandes villes comme Shenzhen, où la population est habituée à une certaine liberté de mouvement. Le discours officiel chinois, qui met en avant le principe *« le peuple n'est pas l'ennemi »*, semble ici en contradiction avec des mesures perçues comme oppressives par les citoyens. Cette situation illustre les défis auxquels fait face le gouvernement chinois pour concilier sécurité et confiance de la population.

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