Infrastructures : les jeunes du PLQ proposent d’élaborer un plan sur 25 ans
Un « revirement » est réclamé de toute urgence pour éviter un trop important déficit intergénérationnel..
Les jeunes du Parti libéral du Québec (PLQ) alertent sur le déficit de maintien d'actifs des infrastructures publiques, qui a plus que doublé sous le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ). En cinq ans, ce déficit est passé de 20 à 45 milliards de dollars. Ce terme désigne l'écart entre les sommes nécessaires pour entretenir et réparer les infrastructures existantes (routes, ponts, écoles, hôpitaux, etc.) et les budgets alloués à cet effet. Ce déficit accumulé représente une dette qui pèsera sur les générations futures, notamment celles des jeunes, car les réparations reportées deviennent plus coûteuses avec le temps. Les jeunes libéraux soulignent que cette situation, si elle n'est pas corrigée rapidement, aggravera les coûts à long terme et limitera les investissements dans de nouveaux projets.
Pour résoudre ce problème, les jeunes du PLQ proposent d'élaborer un Plan québécois des infrastructures (PQI) sur 25 ans, contre 10 ans actuellement. Un PQI est un document stratégique qui liste les projets d'infrastructures prioritaires pour le gouvernement, avec leurs budgets et leurs échéances. En allongeant la période de planification, les jeunes libéraux espèrent obtenir plus de prévisibilité (capacité à anticiper les dépenses et les travaux) et d'imputabilité (responsabilité des gouvernements à tenir leurs engagements). Leur résolution suggère aussi la création d'une commission indépendante pour superviser ce plan, afin d'éviter que les gouvernements successifs ne modifient ou n'annulent arbitrairement des projets. Une révision stratégique tous les cinq ans est prévue, mais les projets inscrits ne pourraient être retirés ou modifiés en dehors de ces révisions, sauf exceptions.
Cette proposition sera soumise au vote lors du 44e congrès de la Commission jeunesse du PLQ (CJPLQ), qui se tient en août 2026 au Collège Durocher de Saint-Lambert. La CJPLQ est l'aile jeunesse du PLQ, composée de membres âgés de 16 à 25 ans. Elle revendique aujourd'hui plus de 1 700 membres, soit trois fois plus qu'en 2024, une croissance attribuée aux deux courses à la chefferie du parti en deux ans. Ces jeunes ont joué un rôle clé dans l'élection de Charles Milliard à la tête du PLQ en 2026, après la démission de Pablo Rodriguez. Leur influence sur la plateforme électorale du parti est donc significative, d'autant que la campagne électorale pourrait être déclenchée dans les semaines suivant le congrès. Charles Milliard, chef du PLQ, a déjà indiqué être ouvert à leurs propositions.
Outre la gestion des infrastructures, 17 résolutions pourraient être débattues lors du congrès, dont certaines seront peut-être abandonnées par manque de temps. Parmi les autres propositions prioritaires, les jeunes libéraux suggèrent la création d'un ministère de la Jeunesse, la fin du changement d'heure (pratique consistant à ajuster les horloges deux fois par an), le rétablissement des cours d'économie familiale dans les écoles secondaires, et la relance du projet de REM de l'Est dans sa version originale. Le REM (Réseau express métropolitain) est un projet de transport en commun par train léger dans la région de Montréal. Ces résolutions reflètent les préoccupations des jeunes en matière de qualité de vie, d'éducation et de mobilité.
Quelque 400 jeunes sont attendus au congrès, ainsi que plusieurs élus et candidats du PLQ, dont Charles Milliard, qui prononcera un discours samedi après-midi. Des ateliers sont également prévus pour préparer la campagne électorale à venir, notamment sur les bonnes pratiques à adopter sur les *médias sociaux*. La présidente sortante de la CJPLQ, Charlie Bourdages, participera à son dernier congrès avant de quitter ses fonctions le 31 août. Elle sera remplacée par Abdenour Douraid, actuel vice-président aux affaires internes. Charlie Bourdages a précisé qu'elle ne se présenterait pas aux élections générales d'octobre 2026. Son rôle a été déterminant dans la rédaction de la résolution sur les infrastructures et dans la mobilisation des jeunes au sein du parti.

