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Généraliste

À l’arraché, oui, mais un mandat

Le Devoir · mis à jour 6 oct.

La minorité rend l’application du programme péquiste plus ardue. Mais elle ne l’invalide pas..

Victoire serrée du PQ

Lors d'une élection québécoise, le Parti québécois (PQ) obtient une victoire à 43 % des voix, ce qui lui donne 78 sièges à l'Assemblée nationale. Ce score est inférieur aux attentes initiales du chef du parti, Lucien Bouchard, qui avait pourtant mené une campagne axée sur la tenue d'un référendum sur l'indépendance du Québec. L'adversaire libéral, malgré une campagne jugée catastrophique, obtient davantage de voix. Le résultat est serré : 46 % des Québécois soutenaient alors l'indépendance, un niveau proche de celui de 1995. Cependant, en fin de campagne, des électeurs hésitants ont reporté leur vote sur d'autres candidats, comme Mario Dumont, privant le PQ d'une pluralité claire des voix. Lucien Bouchard, élu premier ministre, annonce ensuite qu'il n'y aura pas de référendum dans l'immédiat, fermant ainsi la fenêtre ouverte depuis 1995 pour relancer le processus indépendantiste.

Mandat minoritaire et programme

Au Québec, le système électoral permet à un parti d'obtenir une pluralité de sièges (et donc de gouverner) avec seulement 28 % des voix, grâce à la fragmentation des votes entre cinq partis compétitifs. En 2024, le PQ, dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, remporte une victoire à l'arraché avec un mandat minoritaire, ce qui complique l'application de son programme. Malgré cette situation, le parti détient un mandat légitime pour gouverner et mettre en œuvre ses promesses électorales, comme la suppression de la TVQ sur les biens usagés, la réduction de la taxe sur l'essence, ou la création d'une passe annuelle de 95 $ pour les transports en commun. Le PQ a également obtenu le mandat de préparer un référendum sur la souveraineté, bien que de manière moins claire que souhaité. Un gouvernement minoritaire oblige le parti à négocier avec d'autres formations politiques, comme Québec solidaire, pour faire adopter son budget ou ses projets de loi.

Stratégie et indépendance

L'auteur, Jean-François Lisée, ancien chef du PQ, souligne que détenir le pouvoir est une étape cruciale pour préparer l'indépendance du Québec, même en situation minoritaire. Il rappelle que l'acquisition de la souveraineté nécessite une série de gestes politiques progressifs et transparents, malgré les critiques de l'opposition et des médias. Lisée insiste sur l'importance de ne pas abandonner l'objectif d'indépendance, tout en utilisant les leviers du pouvoir pour avancer. Il cite Paul St-Pierre Plamondon, qui, lors de son discours de victoire, a repris une phrase de Gaston Miron : « Ça ne pourra pas toujours ne pas arriver », soulignant la persévérance nécessaire. Le texte met en avant la nécessité de rassembler et d'agir avec intelligence pour concrétiser cette espérance, malgré les obstacles.

Rôle du scrutin et défis

Le système électoral québécois, avec cinq partis compétitifs, permet à un parti d'obtenir une majorité de sièges avec un faible pourcentage de voix (28 %). Cependant, un gouvernement minoritaire rend l'application du programme plus difficile, car il doit composer avec les autres formations politiques pour faire adopter ses lois ou son budget. Dans le cas du PQ, cela signifie qu'il devra s'appuyer sur des alliances, notamment avec Québec solidaire, pour faire avancer ses projets, comme ceux liés à la préparation de l'indépendance. L'auteur souligne que cette situation, bien que contraignante, ne rend pas le mandat invalide. Il encourage le parti à utiliser les deux années et demie à venir pour renforcer sa préparation, en publiant des documents stratégiques et en posant des jalons concrets, malgré les moqueries de l'opposition.

Ce que ça pourrait changer

L'article souligne que la souveraineté du Québec ne peut advenir que par une succession de gestes politiques volontaires et transparents. L'auteur rappelle que détenir le pouvoir est une opportunité à saisir pour avancer vers cet objectif, même en situation minoritaire. Il insiste sur la nécessité de persévérer et de rassembler, en s'appuyant sur des exemples passés comme la publication de documents stratégiques (comme le budget de l'an 1 ou le *livre bleu*) par l'équipe de Paul St-Pierre Plamondon. Malgré les défis et les critiques, l'auteur considère que le PQ a déjà relevé des défis similaires et invite le parti à continuer sur cette voie, en utilisant avec doigté les outils du pouvoir pour préparer l'avenir.

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