« Des allégations basées sur rien » : Pablo Rodriguez se confie sur une année difficile
Aucune infraction ne ressort des enquêtes sur l’ancien chef du Parti libéral du Québec..
Pablo Rodriguez, ancien chef du Parti libéral du Québec (PLQ), a été entendu comme témoin dans deux enquêtes menées en 2023 et 2024. La première, menée par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), une unité spécialisée dans la lutte contre la corruption au Québec, visait à vérifier des allégations de malversations lors de la course à la chefferie du PLQ en 2022. La seconde, conduite par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), organisme chargé de veiller au respect des règles électorales, concernait des soupçons d’achat de votes. Les enquêteurs n’ont trouvé aucune preuve incriminant Rodriguez ou son équipe rapprochée. Rodriguez a souligné lors d’entrevues sur Radio-Canada que ces accusations, notamment l’achat de votes avec des brownies (surnom donné aux billets de 100 $ en raison de leur couleur), étaient infondées. Les enquêtes ont donc confirmé son innocence, ce qu’il qualifie de soulagement sans surprise.
Rodriguez a démissionné de son poste de chef du PLQ en décembre 2023, principalement pour protéger sa famille, prise dans la tourmente des accusations. Son épouse, avocate, a perdu son principal client, tandis que sa fille, étudiante en droit à l’Université Laval, a dû reporter ses examens finaux. Rodriguez a également évoqué le Parti libéral, devenu selon lui une distraction en raison des controverses. Il a précisé qu’il ne regrettait pas sa décision, malgré son attachement à la politique. Rodriguez a siégé à Ottawa pendant seize ans, occupant notamment le poste de ministre fédéral des Transports, avant de rejoindre la scène politique québécoise. Il a exprimé son regret de ne pas avoir pu contribuer au gouvernement fédéral de Mark Carney, mais assume pleinement son parcours.
Plusieurs autres membres du PLQ ont été pointés du doigt pour des pratiques controversées lors de la course à la chefferie. La députée Sona Lakhoyan a été blâmée par la commissaire à l’éthique et à la déontologie pour avoir utilisé des ressources de son bureau de circonscription de Chomedey à des fins partisanes. Emanuel Cabral, homme d’affaires, a été mis en cause par le DGEQ pour avoir recouru à des prête-noms afin de financer la campagne de Rodriguez. Un prête-nom est une personne qui prête son nom à une transaction financière pour contourner des règles, ici celles du financement électoral. Rodriguez a fermement défendu son intégrité et celle de son équipe, soulignant que ni l’UPAC ni le DGEQ n’avaient remis en question leur éthique. Il a qualifié les pratiques de Cabral d’inacceptables.
Rodriguez a évoqué l’affaire Marwa Rizqy, députée de Saint-Laurent, sanctionnée pour avoir congédié unilatéralement sa cheffe de cabinet sans le consulter ni l’en informer. Rodriguez l’avait nommée à un poste clé, celui de cheffe parlementaire, avec tous les pouvoirs associés. Il a qualifié cette décision de profonde trahison, tout en reconnaissant qu’il vivait cette situation comme une épreuve personnelle. Cette affaire a ajouté une pression supplémentaire sur Rodriguez, déjà sous le feu des projecteurs pour les allégations de corruption. Il a insisté sur l’importance de la transparence et de la consultation dans les relations politiques.
En 2026, une enquête menée par le juge à la retraite Jacques R. Fournier, mandaté par les libéraux, a conclu que les textos évoquant les brownies étaient des montages. Ces messages, diffusés par le Journal de Montréal, suggéraient des pratiques illégales lors de la course à la chefferie. Leur authenticité n’avait jamais été prouvée. Rodriguez a déclaré ne pas être amer ni vindicatif, mais a reconnu que les enquêteurs l’avaient traité en victime. Il a refusé de spéculer sur l’identité de ceux qui auraient pu orchestrer cette campagne de désinformation, tout en soulignant que ces allégations avaient nui à sa réputation et à celle de sa famille.
Bien qu’il soit actuellement en retrait de la vie politique active, Rodriguez affirme que la politique *ne sortira pas de son corps et de sa tête*. Il ne prévoit pas se représenter à une élection, mais souhaite continuer à s’engager pour les citoyens. Il suivra de près les prochaines élections provinciales québécoises, dont la campagne débutera officiellement dans les prochains jours. Rodriguez a indiqué qu’il serait disponible pour donner des conseils si on le lui demandait. Il a également exprimé son souhait de voir le Québec engager une réflexion collective sur les pressions subies par les politiciens, notamment lorsque des allégations non fondées les poussent à démissionner. Charles Milliard, figure du PLQ, a partagé cette préoccupation.

