Des virus vieux de 360 millions ont été découvert dans l'ADN de plantes et certains seraient encore actifs
En analysant 93 génomes végétaux, des chercheurs ont identifié 47 135 fossiles viraux de la famille des Caulimoviridae. Trente-cinq lignées étaient inconnues, dont un clade propre à certains conifères..
Des chercheurs ont identifié des séquences d’ADN de virus vieux de 360 millions d’années dans le génome de certaines plantes. Ces virus, appelés endovirus ou rétrovirus endogènes, font partie des éléments génétiques mobiles qui ont la capacité de s’intégrer dans l’ADN d’un organisme hôte, ici des plantes, et de s’y maintenir sur de très longues périodes. Ces découvertes ont été rendues possibles grâce à l’analyse de bases de données génétiques végétales, où ces séquences dormantes ont été repérées. Leur ancienneté est estimée par des méthodes de datation moléculaire, qui comparent les mutations accumulées dans ces séquences avec celles d’autres organismes. Ces virus fossiles offrent une fenêtre unique sur l’évolution des interactions entre virus et plantes, un domaine encore peu exploré.
Parmi les virus identifiés, certains présentent des signes d’activité résiduelle, c’est-à-dire qu’ils pourraient encore produire des protéines ou influencer le fonctionnement des plantes hôtes. Cette activité n’est pas celle d’un virus infectieux classique, mais plutôt celle de fragments génétiques capables de s’exprimer occasionnellement. Les scientifiques parlent de réactivation partielle : ces séquences, bien que non pathogènes, pourraient jouer un rôle dans l’évolution des plantes ou dans leur réponse à des stress environnementaux. Cette découverte remet en question l’idée que ces virus fossiles sont totalement inertes, et ouvre des pistes pour comprendre comment des gènes viraux ont pu être intégrés et conservés dans le génome végétal sur des centaines de millions d’années.
Cette étude, publiée dans une revue scientifique en juillet 2026, pourrait avoir des répercussions majeures en biologie végétale et en virologie. Elle suggère que les plantes ont coévolué avec des virus bien plus longtemps qu’on ne le pensait, et que ces interactions ont pu façonner leur génome. Les chercheurs soulignent aussi l’importance de ces découvertes pour l’agriculture, notamment dans la compréhension des mécanismes de résistance aux maladies. En effet, certains gènes viraux pourraient avoir conféré des avantages adaptatifs aux plantes, comme une meilleure tolérance à la sécheresse ou aux pathogènes. Ces travaux pourraient également inspirer des applications biotechnologiques, par exemple en utilisant ces séquences pour améliorer la résilience des cultures.
Pour parvenir à ces résultats, les scientifiques ont utilisé des techniques de bioinformatique et de séquençage à haut débit. Ces méthodes permettent de comparer des millions de séquences génétiques et d’identifier des motifs caractéristiques des virus anciens. Les chercheurs ont notamment analysé des génomes de plantes actuelles, comme le riz, le maïs ou l’arabidopsis, pour y détecter des traces de rétrovirus endogènes. Ils ont ensuite reconstruit l’histoire évolutive de ces séquences en étudiant leur similarité avec des virus modernes. Cette approche, combinée à des modèles mathématiques, a permis de dater leur intégration dans le génome végétal à environ 360 millions d’années, une période correspondant à l’émergence des premières plantes terrestres.
Les auteurs de l’étude appellent à approfondir ces recherches pour mieux comprendre le rôle exact de ces virus fossiles dans le fonctionnement des plantes. Ils envisagent notamment d’étudier leur expression dans différents tissus végétaux ou en réponse à des conditions environnementales variées. Une autre piste consiste à explorer si ces séquences pourraient être réactivées de manière contrôlée, par exemple pour développer de nouvelles stratégies de lutte contre les pathogènes. Enfin, cette découverte soulève des questions sur l’impact potentiel de ces virus sur la santé humaine, bien que les plantes étudiées ne soient pas des cultures alimentaires courantes. Les scientifiques restent prudents, mais insistent sur le besoin de poursuivre les investigations pour évaluer tous les risques et opportunités associés à ces virus anciens.

