Les victimes de l’accident du funiculaire de Lisbonne et leurs proches “sans justice”, un an après
Enquête inachevée, indemnisations au compte-gouttes, victimes mécontentes : la presse portugaise revient sur tout ce qui reste en suspens depuis le déraillement du funiculaire de Glória, survenu le 3 septembre 2025, qui a fait 16 morts et une vingtaine de blessés. Et s’interroge ouvertement sur les responsabilités..
Le 3 septembre 2025, un funiculaire de Lisbonne, appelé Elevador da Glória, a connu un grave accident. Une des deux cabines s’est détachée de son câble de traction et a percuté un immeuble situé dans la rue Calçada da Glória. Cet incident a causé la mort de 16 personnes et blessé une vingtaine d’autres. Le funiculaire est un système de transport urbain en pente, souvent utilisé pour relier des quartiers en hauteur. À Lisbonne, il fait partie des attractions touristiques emblématiques de la ville. L’accident a marqué un tournant tragique dans l’histoire de ce moyen de transport, habituellement considéré comme sûr.
Un an après la catastrophe, trois responsables ont été officiellement mis en cause par la justice portugaise. Il s’agit de l’ancien responsable de la maintenance de la Carris, une entreprise publique qui gère notamment les transports en commun de Lisbonne, dont le funiculaire. Les deux autres personnes concernées sont le dirigeant de MNTC, une entreprise privée chargée de la maintenance du funiculaire depuis 2019, ainsi que la société MNTC elle-même. Ces mises en cause visent à déterminer si des négligences ou des manquements dans les procédures de maintenance ont contribué à l’accident.
L’enquête judiciaire est toujours en cours un an après l’accident. Les experts techniques doivent encore rendre leurs conclusions, attendues pour novembre 2026. Ces expertises portent notamment sur le fonctionnement des freins du funiculaire, l’état du câble de traction, ainsi que sur les procédures de maintenance et de certification appliquées par la Carris. Les résultats définitifs ne sont pas attendus avant le premier trimestre 2027. Cette lenteur judiciaire est critiquée par les familles des victimes et les médias locaux, qui dénoncent un manque de transparence et de célérité.
Un an après le drame, la grande majorité des victimes et de leurs familles n’ont toujours pas reçu d’indemnisation. Les sommes versées le sont au compte-gouttes, c’est-à-dire de manière très progressive et limitée. Certaines familles ont adressé une lettre ouverte aux autorités pour réclamer un accompagnement plus important, ainsi qu’une communication claire et transparente sur les démarches en cours. Aucune information n’est donnée sur le montant total des indemnisations prévues ou sur les critères de répartition des fonds entre les victimes.
Les proches des victimes expriment un sentiment d’injustice et de frustration face à la lenteur des procédures judiciaires et à l’absence de réponses concrètes. Le quotidien portugais Correio da Manhã titre ainsi : « Sans justice, un an après la tragédie », soulignant l’absence de rapport final et de solutions pour les familles. Certaines victimes et leurs proches demandent non seulement des indemnisations, mais aussi une reconnaissance officielle des responsabilités et des mesures pour éviter qu’un tel accident ne se reproduise.
Cet accident s’inscrit dans un contexte plus large de débats sur la sécurité des transports publics au Portugal. Le funiculaire de Lisbonne, symbole touristique de la ville, était exploité par la *Carris*, une entreprise publique. L’accident a relancé les questions sur la qualité des infrastructures, la rigueur des contrôles techniques et la responsabilité des entreprises privées sous-traitantes. Les familles des victimes espèrent que les conclusions de l’enquête permettront d’améliorer la sécurité des usagers et de rétablir leur confiance dans ce mode de transport.

