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Culture

François Samuelson, Monsieur Dix pour cent 5/5 : La possibilité d’un agent littéraire

France Culture - Savoirs · mis à jour 2 oct.

Face à l’hostilité des éditeurs français, François Samuelson parvient à s’imposer et faire prendre conscience aux écrivains de leurs droits et leur « valeur ». Devenu pivot de la négociation -il touche 10% de la somme en jeu- il peut aujourd’hui se targuer d’être l’agent le plus titré de France..

Un métier méconnu

François Samuelson est un agent littéraire, un professionnel qui représente les intérêts des écrivains et artistes auprès des éditeurs, producteurs ou réalisateurs. Contrairement à un éditeur, son rôle n’est pas de publier les œuvres, mais de négocier les contrats, les droits d’auteur et les adaptations (cinéma, théâtre, etc.) pour ses clients. Il touche généralement une commission de 10 % sur les sommes perçues par l’auteur, d’où son surnom de Monsieur Dix pour cent. Dans l’article, il est présenté comme l’agent littéraire le plus titré de France, avec une carrière de plus de vingt ans. Son métier exige à la fois des compétences juridiques, commerciales et relationnelles, car il doit défendre les droits des auteurs tout en maintenant des relations de confiance avec les acteurs du monde culturel.

La défense des droits

Samuelson a joué un rôle clé dans la reconnaissance des droits des écrivains en France, face à une tradition éditoriale parfois hostile. Il a contribué à faire prendre conscience aux auteurs de leur valeur et de leur pouvoir de négociation, notamment en obtenant des contrats plus avantageux. Son approche a permis de rééquilibrer les rapports entre éditeurs et écrivains, en insistant sur l’importance des droits dérivés (adaptations, traductions, etc.). Par exemple, il a accompagné des auteurs comme Michel Houellebecq, Emmanuel Carrère ou Giuliano da Empoli, en veillant à ce que leurs œuvres soient correctement rémunérées. Son rôle dépasse la simple négociation : il agit aussi comme un lecteur critique, un entremetteur entre les différents acteurs culturels, et parfois même comme un pourvoyeur d’idées pour ses clients.

Un réseau d’influence

L’influence de Samuelson s’étend bien au-delà du monde littéraire. Il a réussi à créer des ponts entre des domaines variés, comme l’a montré son implication dans l’adaptation cinématographique du roman Le Mage du Kremlin de Giuliano da Empoli. Ce projet a réuni trois de ses clients : l’écrivain, le réalisateur Olivier Assayas et l’écrivain-scénariste Emmanuel Carrère. Samuelson a même endossé le rôle de coproducteur pour ce film, illustrant ainsi la diversité de ses compétences. Son réseau inclut également des institutions comme le festival de Cannes, où il siège en tant qu’administrateur. À près de 75 ans, il continue de représenter une jeune génération d’écrivains, montrant que son modèle reste pertinent malgré les évolutions du secteur culturel.

Une carrière en cinq actes

La carrière de François Samuelson est marquée par plusieurs étapes clés. Né en Égypte, il a grandi dans un contexte multiculturel avant de s’installer en France. Ses débuts dans le milieu littéraire ont été influencés par ses engagements gauchistes dans les années 1970, une période où il a aussi travaillé pour le journal Libération. En 1979, il publie Il était une fois Libé…, un livre retraçant l’histoire du quotidien, réédité en 2023. Son parcours montre une capacité à s’adapter aux changements du secteur, passant de la presse à l’édition, puis à l’agent littéraire. Aujourd’hui, malgré son âge, il ne montre aucun signe de ralentissement, laissant planer le mystère sur ses projets futurs.

Ce que ça pourrait changer

François Samuelson incarne une figure pionnière dans le paysage culturel français. Son travail a contribué à moderniser les pratiques du monde littéraire, en plaçant l’auteur au centre des négociations. À une époque où les plateformes numériques et les géants du streaming redéfinissent les règles, son modèle d’agent littéraire indépendant reste un exemple de résistance face à la concentration du pouvoir entre les mains des éditeurs. Bien qu’il ait envisagé de se retirer dans sa maison de villégiature en Bretagne, il continue de jouer un rôle actif. Son héritage réside dans la preuve qu’un métier, à première vue administratif, peut devenir un levier de création et de valorisation des œuvres, tout en restant fidèle à ses clients.

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