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Annette, travailleuse du sexe et mère porteuse

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 15 j

Après un licenciement, Annette devient travailleuse du sexe un peu par hasard. Toujours curieuse de son rapport au corps, elle explore les séances de modèle nu, mais aussi le shibari, une technique BDSM.

Annette et son parcours

Annette, 45 ans, est une femme ayant exercé plusieurs métiers liés à son rapport au corps et à la sexualité. Après un licenciement, elle se tourne vers le travail du sexe par nécessité financière, une activité qui lui permet de découvrir de nouvelles facettes d’elle-même. Son parcours est marqué par une évolution progressive de sa perception de son corps, passant de la peur à l’acceptation, voire à l’exploitation de ses compétences relationnelles et physiques. Elle a d’abord travaillé comme modèle vivant dans une école d’art, où elle a pris conscience que son apparence physique était perçue différemment selon les personnes, ce qui l’a aidée à surmonter ses complexes. Son expérience dans le travail du sexe, bien que temporaire, lui a également permis de gagner en confiance en elle et de se réapproprier sa sexualité.

Le shibari et la liberté

Le shibari est une technique japonaise de bondage, issue du BDSM, qui consiste à attacher une personne avec des cordes pour créer une sensation de liberté et de contrôle. Annette a découvert cette pratique lors de ses rencontres avec des partenaires via une application de rencontre, après sa rupture avec son compagnon. Pour elle, le shibari représente une forme de libération corporelle et mentale, malgré l’immobilisation. Elle décrit cette expérience comme un moment de grande intensité, où elle se sent à la fois vulnérable et libre. Cette pratique a joué un rôle clé dans son affirmation de soi et dans sa reconquête de son corps, après des années de routine sexuelle et de complexes.

Le travail du sexe

Le travail du sexe désigne l’activité consistant à échanger des services sexuels contre de l’argent. Annette a commencé cette activité après avoir répondu à une annonce pour un rendez-vous avec un client, en échange de 500 euros. Elle a ensuite travaillé comme escort pendant six mois, un métier qu’elle a abordé comme une solution temporaire pour compléter ses revenus, en attendant de retrouver un emploi stable. Pour elle, cette expérience n’était pas seulement une question d’argent, mais aussi une manière de se réapproprier sa sexualité et de découvrir de nouvelles formes de relations. Elle a finalement arrêté cette activité après avoir rencontré un partenaire stable, mettant fin à ses rencontres via l’application de rencontre.

La mère porteuse

Être mère porteuse signifie porter un enfant pour le compte d’un couple qui ne peut pas concevoir naturellement. Annette a réalisé ce rêve plusieurs années après son expérience dans le travail du sexe, à la demande de sa sœur. Le couple concerné, composé d’un homme et de son meilleur ami, a eu recours à une Procréation Amicalement Assistée (PAA), une méthode où l’enfant est conçu à l’aide de pipettes et de seringues, sans rapport sexuel. Annette a accepté cette démarche par curiosité, sans chercher à être rémunérée, car elle ne considérait pas cela comme un travail. Après six tentatives, la grossesse a abouti. Elle a vécu cette expérience comme un moment de puissance et de bonheur, malgré la douleur de l’accouchement, qu’elle a choisi de vivre sans péridurale pour en éprouver pleinement les sensations.

Ce que ça pourrait changer

Après la naissance de l’enfant, Annette et le couple ont mis en place un plan de séparation progressive pour éviter tout attachement émotionnel excessif. Contrairement à ce que certains pourraient imaginer, Annette n’a ressenti ni tristesse ni angoisse à l’idée de se séparer du bébé. Elle a toujours su qu’elle ne voulait pas d’enfant et que cette expérience était avant tout une aventure humaine et altruiste. Elle décrit même une sensation de soulagement viscéral à l’idée de ne pas être mère, une peur qui l’avait accompagnée toute sa vie. Aujourd’hui, l’enfant a sept ans et Annette entretient une relation saine et apaisée avec le couple et l’enfant, sans aucun sentiment de jalousie ou de regret.

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