La crue meurtrière au Népal “ne peut être qualifiée de surprise”
Au lendemain de la crue au Népal qui a fait au moins 270 morts et 1 300 disparus, la presse locale met en avant le manque de préparation et d’anticipation des autorités. Le pays est pourtant “parmi les plus exposés aux catastrophes naturelles au monde”..
Le 27 août 2026, des crues dévastatrices dans les rivières Bhote Koshi et Trishuli au Népal et au Tibet ont causé la mort d’au moins 270 personnes, avec plus de 1 300 disparus, dont près de 600 touristes étrangers. Ces inondations, parmi les plus meurtrières de la décennie dans la région, ont été déclenchées par l’effondrement d’un glacier, provoquant un séisme de magnitude 5,2 selon l’USGS (Institut d’études géologiques des États-Unis). Les glissements de terrain et les torrents d’eau et de boue ont emporté villages, infrastructures et routes, rendant les opérations de secours complexes. Les autorités locales peinent à localiser les disparus en raison de l’ampleur des dégâts et de l’isolement de certaines zones.
Le Népal est classé parmi les pays les plus exposés aux catastrophes naturelles au monde, en raison de sa géographie montagneuse et de sa vulnérabilité aux inondations, glissements de terrain et séismes. Les crues des rivières Bhote Koshi et Trishuli ne sont pas des événements isolés : elles surviennent pour la troisième fois en trois ans dans la région. En 2024, la rupture d’un lac glaciaire avait déjà provoqué une crue éclair dévastatrice. Les experts soulignent que ces catastrophes répétées devraient inciter à une meilleure préparation, mais les manquements en matière de planification et d’anticipation persistent. Le pays manque de systèmes d’alerte précoce efficaces et de coordination transfrontalière pour gérer les risques liés aux glaciers.
Malgré la récurrence des catastrophes, les autorités népalaises n’ont pas su anticiper ou atténuer les risques liés à ces crues. Sandeep Joshi, professeur en sciences de l’environnement, critique ouvertement cette absence de vision à long terme dans une tribune publiée par The Kathmandu Post. Il estime que qualifier ces événements de « surprise » relève d’une mauvaise gestion et d’un manque de préparation structurelle. Les infrastructures locales, souvent construites sans tenir compte des changements climatiques, sont régulièrement emportées par les eaux. Joshi résume cette situation par une phrase percutante : « Nous construisons un pays pour un climat qui n’existe plus. »
L’effondrement d’un glacier est pointé comme la cause probable de la crue meurtrière, bien que les autorités n’aient pas encore confirmé cette hypothèse. Selon l’USGS, cet effondrement aurait généré un séisme de magnitude 5,2, déclenchant des glissements de terrain massifs. Une autre théorie évoquée est la vidange brutale d’un lac glaciaire, un phénomène connu sous le nom de GLOF (Glacial Lake Outburst Flood). Ces lacs se forment lorsque l’eau de fonte des glaciers s’accumule derrière des barrières naturelles, qui peuvent céder sous la pression. Les GLOF sont particulièrement dangereux car ils libèrent d’énormes volumes d’eau en très peu de temps, provoquant des inondations soudaines et dévastatrices.
Face à l’urgence, les médias locaux comme *The Kathmandu Post* et *Setopati* appellent à renforcer les systèmes d’alerte précoce et à améliorer le partage d’informations transfrontalières, notamment avec la Chine, dont le Tibet est également touché. Les experts recommandent de revoir les normes de construction pour les rendre plus résistantes aux inondations et aux glissements de terrain, ainsi que de cartographier les zones à risque pour éviter l’urbanisation dans des secteurs dangereux. Cependant, ces mesures nécessitent des investissements importants et une volonté politique forte, deux ressources souvent limitées dans un pays en développement comme le Népal.

