Israël irrite Etats-Unis en bombardant une base militaire syrienne, au moment où Damas fait la lumière sur son ancien programme nucléaire
Tandis que le nouveau gouvernement syrien se montre coopératif avec les Etats-Unis et la communauté internationale, Benyamin Nétanyahou entend préserver son hégémonie dans la région, quitte à provoquer Donald Trump..
Israël a mené huit frappes aériennes le 18 août 2026 contre une base militaire désaffectée à Abu Al-Duhur, dans le nord-ouest de la Syrie, près de la frontière turque. Cette base, inactive depuis 2013, avait changé de mains à plusieurs reprises pendant la guerre civile syrienne, qui dure depuis 14 ans. Les frappes n’ont fait aucune victime selon les médias d’État syriens. Les États-Unis ont réagi en qualifiant ces actions d’"escalade inutile" et de "menace pour la stabilité régionale", soulignant que le nouveau gouvernement syrien actuel, dirigé par Ahmed El-Charaa, coopère avec la communauté internationale et évite les provocations. Cette réaction américaine montre une tension croissante entre les deux alliés traditionnels, Israël et les États-Unis, sous l’administration de Donald Trump.
Selon les experts interrogés par Al-Jazeera, les frappes israéliennes viseraient principalement deux objectifs. D’abord, empêcher la Syrie de reconstruire une force aérienne, en ciblant une infrastructure stratégique. Ensuite, envoyer un message à la Turquie, principal allié du gouvernement syrien actuel. Israël entretient des relations tendues avec Ankara, que le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou qualifie régulièrement de menace, comparant parfois la Turquie à un "nouvel Iran". Les analystes estiment qu’Israël cherche à fixer une ligne rouge concernant toute aide turque susceptible d’améliorer les capacités militaires aériennes de la Syrie. Ces frappes surviennent alors que Nétanyahou tente de préserver l’influence israélienne dans la région, malgré les efforts de normalisation entre la Syrie et les États-Unis.
En parallèle des tensions militaires, la Syrie a franchi une étape majeure dans la clarification de son ancien programme nucléaire. Le 18 août 2026, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a mené une mission pour contrôler la présence d’uranium sur un site de stockage révélé par Damas le mois précédent. Cette coopération, qualifiée d’"importance énorme" par Grossi, concerne plusieurs tonnes de matières nucléaires potentiellement dangereuses. L’AIEA a obtenu pour la première fois un accès complet à des sites syriens suspects, grâce à un accord signé avec le nouveau gouvernement syrien après la chute du régime d’El-Assad. Ce dernier avait développé un programme nucléaire clandestin autour du réacteur d’Al-Kibar, détruit par Israël en 2007, mais dont certains sites de recherche et de stockage subsistaient.
Les États-Unis, par la voix de Tom Barrack, envoyé spécial pour la Syrie et l’Irak, ont salué la coopération syrienne sur le nucléaire, soulignant que le gouvernement actuel n’adopte pas une attitude prédatrice. Cette position contraste avec les frappes israéliennes, perçues comme une provocation inutile. De son côté, l’AIEA a confirmé que les matières nucléaires syriennes seraient placées sous son contrôle, réduisant ainsi les risques de prolifération. Ces développements illustrent une dynamique complexe au Moyen-Orient, où les efforts de désescalade et de transparence coexistent avec des tensions militaires persistantes, notamment entre Israël et ses voisins.

