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Généraliste

De plus en plus d’actes criminels en contexte conjugal à Montréal

Le Devoir · mis à jour il y a 5 j

Le SPVM compile tous les actes criminels commis contre un partenaire intime, et inclut désormais les bris de conditions..

Hausse des crimes conjugaux

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) constate une augmentation des actes criminels commis dans un contexte conjugal ou entre ex-partenaires intimes. En 2025, plus de 7000 cas ont été recensés, contre 6937 en 2024. Ces chiffres incluent des infractions comme les voies de fait, le harcèlement criminel, les agressions armées ou sexuelles, les menaces, les homicides et les tentatives de meurtre. Cette hausse est observée depuis 2022, année où le SPVM a commencé à regrouper ces données sous une catégorie commune appelée victimisation. En 2024, ces victimisations représentaient 21 % de l’ensemble des crimes contre la personne signalés à Montréal. Il est cependant difficile de déterminer si cette augmentation reflète une réelle hausse de la violence ou une meilleure dénonciation à la police. Le SPVM précise que ces chiffres ne couvrent pas uniquement les infractions graves, mais aussi des actes comme les bris de conditions ou les crimes contre la propriété, qui ont un impact sur les victimes.

Section spécialisée violence

Pour mieux lutter contre les cas les plus graves de violence conjugale, le SPVM a créé en octobre 2021 la Section spécialisée en violence conjugale (SSVC). Cette unité traite spécifiquement les plaintes où le niveau de dangerosité ou le risque d’homicide est élevé. Son objectif est d’améliorer la prise en charge des victimes et de prévenir les drames. En 2025, le SPVM a également intégré de nouvelles données dans son rapport annuel, incluant 341 crimes contre la propriété et 1615 bris de condition liés à la violence conjugale. Ces ajouts visent à illustrer l’ampleur du phénomène dans toute sa complexité. La SSVC travaille en collaboration avec d’autres services pour offrir une réponse adaptée aux situations les plus critiques.

Protocole contre les étranglements

En 2025, le SPVM a généralisé à tous ses postes de police un protocole dédié aux cas d’étranglement en contexte de violence conjugale. Ce protocole, lancé en 2024 sous forme de projet pilote avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), vise à améliorer la prise en charge judiciaire et médicale des victimes. Pendant les 18 mois de la phase pilote, 348 dossiers d’étranglement ont été traités à Montréal. L’étranglement est une forme particulièrement dangereuse de violence conjugale, car il peut entraîner des blessures graves ou la mort. Ce protocole permet aux policiers de mieux documenter ces cas et d’orienter les victimes vers les ressources appropriées. Il s’inscrit dans une démarche plus large pour mieux protéger les victimes de violences conjugales.

Ce que ça pourrait changer

Les statistiques du SPVM sur la violence conjugale montrent une tendance à la hausse, mais elles comportent des limites. La violence conjugale n’étant pas une infraction spécifique dans le *Code criminel* canadien, le SPVM compile des infractions variées (voies de fait, menaces, etc.) pour donner une image globale du phénomène. Il est donc possible que l’augmentation des cas reflète davantage une hausse des dénonciations que de la violence réelle. De plus, les données incluent désormais les bris de conditions, ce qui élargit la définition des actes criminels liés à la violence conjugale. Ces ajustements permettent une meilleure compréhension du problème, mais rendent les comparaisons avec les années précédentes plus complexes. Le SPVM souligne que son objectif est de refléter l’ampleur réelle de la violence conjugale à Montréal.

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