De plus en plus d’actes criminels en contexte conjugal à Montréal
La hausse des actes criminels en contexte conjugal à Montréal, désormais comptabilisés de manière exhaustive par le SPVM, révèle une intensification du phénomène que les autorités peinent à endiguer. Derrière ces chiffres se cache une réalité complexe : l’évolution des méthodes de recensement des violences intimes brouille la frontière entre augmentation réelle et meilleure détection des victimes, posant un défi de taille pour les politiques publiques.
Comment le SPVM mesure-t-il l’ampleur de la violence conjugale à Montréal ?
Le SPVM agrège dans une catégorie unique, appelée victimisation, l’ensemble des infractions criminelles commises contre un partenaire intime ou un ex-partenaire, incluant voies de fait, harcèlement, agressions sexuelles, menaces, homicides et tentatives de meurtre. Depuis 2022, cette méthode permet de suivre une tendance à la hausse, avec plus de 7000 cas recensés en 2025, auxquels s’ajoutent désormais les bris de condition et les crimes contre la propriété liés à ces contextes.
Quels acteurs institutionnels sont mobilisés face à cette hausse ?
Le SPVM s’appuie sur sa Section spécialisée en violence conjugale (SSVC), créée en 2021, qui traite spécifiquement les plaintes à haut risque, notamment celles présentant un danger d’homicide. Par ailleurs, un protocole sur les étranglements en contexte conjugal, déployé dans tous les postes policiers en 2025, vise à améliorer la réponse judiciaire et médicale, après une phase pilote ayant traité 348 dossiers en 18 mois.
Pourquoi les données du SPVM ne permettent-elles pas de trancher entre augmentation réelle et hausse des signalements ?
Les statistiques policières reflètent à la fois l’évolution des violences conjugales et celle des comportements de dénonciation, sans qu’il soit possible de dissocier clairement les deux phénomènes. Le SPVM lui-même souligne cette limite, rappelant que la violence conjugale n’étant pas une infraction distincte dans le Code criminel, son suivi dépend des signalements et des classifications policières.
Ce que ça pourrait changer
Cette hausse des violences conjugales pourrait contraindre les autorités à revoir leurs dispositifs de prévention et de protection, notamment en renforçant les protocoles d’intervention rapide et en clarifiant les critères de dangerosité. Elle interroge aussi sur l’efficacité des mécanismes existants, alors que les bris de condition et les crimes contre la propriété, désormais inclus dans les statistiques, complexifient la réponse policière et judiciaire.

