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Djibouti : l’afflux de réfugiés du Yémen met Obock sous pression

ONU : Migrants et réfugiés · mis à jour il y a 1 j

Dans le nord de Djibouti, l’arrivée de près de 4 000 personnes ayant fui les affrontements au Yémen en traversant la mer Rouge met à rude épreuve les ressources d’une population déjà frappée par la sécheresse et l’insécurité alimentaire. Face à cette situation, l’ONU appelle la communauté internationale à renforcer son soutien..

Afflux de réfugiés

Depuis le début de l'escalade du conflit au Yémen il y a un mois, la petite ville côtière d'Obock, située dans le nord de Djibouti, a accueilli un afflux massif de réfugiés en provenance du Yémen. Selon José Barahona, coordonnateur résident des Nations Unies à Djibouti, ces personnes ont fui les bombardements qui ont détruit des maisons et tué des civils, notamment autour du port de Mokha, sur la côte ouest du Yémen. Plus de la moitié des réfugiés sont des enfants, et la majorité des autres sont des femmes. Les autorités locales, soutenues par les Nations Unies, ont secouru ces personnes débarquées sur la côte ou retrouvées dans le désert avant de les acheminer vers Obock.

Crise humanitaire à Obock

Obock, une ville de 20 000 habitants, fait face à une crise humanitaire aggravée par l'arrivée des réfugiés. Environ un quart de la population locale souffre déjà d'une insécurité alimentaire aiguë, c'est-à-dire qu'elle n'a pas accès à une nourriture suffisante pour répondre à ses besoins nutritionnels. Cette situation est encore compliquée par le manque d'eau et de nourriture, ainsi que par le phénomène El Niño, qui a perturbé la courte saison des pluies à Djibouti. José Barahona a qualifié cette combinaison de crises de tempête parfaite, soulignant l'urgence de la situation dans cette région.

Migrations bloquées

Chaque année, entre 250 000 et 300 000 migrants, principalement originaires des zones rurales d'Éthiopie, traversent Djibouti pour tenter de rejoindre le Yémen, puis l'Arabie saoudite ou d'autres pays du Golfe à la recherche de travail. Cependant, l'aggravation du conflit au Yémen rend cette traversée plus difficile, et de nombreux migrants se retrouvent bloqués à Obock dans des conditions précaires, avec très peu d'eau et de nourriture. Cette situation s'ajoute à l'arrivée des réfugiés yéménites, aggravant encore la pression sur les ressources locales.

Risques sur la route migratoire

La route migratoire entre Djibouti et le Yémen est extrêmement dangereuse. Récemment, un naufrage d'une embarcation surchargée transportant plus de 300 personnes a causé la mort de 139 individus, tandis que 84 autres restent portés disparus. Selon les estimations, plus de 200 personnes pourraient avoir péri dans cette tragédie. Ces risques illustrent les dangers auxquels sont confrontés les migrants qui tentent de traverser le golfe d'Aden et la mer Rouge, une zone stratégique située près du détroit de Bab-el-Mandeb.

Réponse humanitaire

Face à cette urgence, plusieurs agences des Nations Unies et les autorités djiboutiennes coordonnent leur réponse. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) distribue 1 500 repas chauds deux fois par jour aux nouveaux arrivants. Le Programme alimentaire mondial (PAM) fournit une aide alimentaire, tandis que l'UNICEF intervient sur les systèmes d'approvisionnement en eau. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) soutient l'enregistrement des personnes arrivées du Yémen. L'OIM gère également un centre d'accueil à Obock où les migrants peuvent recevoir des soins médicaux, de la nourriture et préparer leur retour en Éthiopie s'ils le souhaitent.

Ce que ça pourrait changer

Djibouti accueille déjà environ 35 000 réfugiés venus de pays voisins, auxquels s'ajoutent les centaines de milliers de migrants qui traversent son territoire chaque année. Le pays dispose d'une législation relativement ouverte : les réfugiés enregistrés bénéficient de la liberté de circulation et peuvent travailler légalement. Cependant, les capacités nationales ne peuvent absorber indéfiniment une telle pression. Sur les 7 millions de dollars nécessaires pour répondre aux besoins liés à cette nouvelle crise, seulement 2,8 millions ont été confirmés à ce stade. José Barahona a souligné que *les capacités de Djibouti ont une limite* et a appelé les partenaires internationaux à soutenir davantage le gouvernement et les communautés d'accueil.

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