Yémen : les Houtis s’emparent d’un verrou stratégique de la mer Rouge
Nouvelles menaces sur les routes du pétrole mondial, cette fois à l'entrée de la mer Rouge. Au Yémen, les Houthis pro-iraniens sont aux portes du détroit de Bab el-Mandeb après la conquête de la ville de Mokha.
Les Houtis, un groupe armé yéménite soutenu par l’Iran, ont pris le contrôle de la ville portuaire de Mokha dans le sud-ouest du Yémen. Cette conquête est un tournant dans le conflit qui déchire le pays depuis des années. Mokha est située à l’entrée du détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime essentielle reliant la mer Rouge à l’océan Indien. Ce détroit est l’un des points de passage les plus stratégiques au monde pour le commerce maritime, notamment pour le transport du pétrole. La prise de Mokha par les Houtis marque une victoire majeure pour ce groupe, qui affaiblit ainsi le camp républicain yéménite, soutenu par une coalition internationale menée par l’Arabie saoudite. Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large des Houtis, qui cherchent à étendre leur influence dans la région avec le soutien de l’Iran.
Le détroit de Bab el-Mandeb est surnommé le « verrou de la mer Rouge » en raison de son importance géostratégique. Environ 10 % du trafic maritime mondial de pétrole transite par cette zone, ce qui en fait un point de contrôle crucial pour l’économie mondiale. L’Iran, déjà présent dans le détroit d’Ormuz (autre passage clé pour le pétrole), renforce ainsi son emprise sur les routes maritimes du Moyen-Orient. La prise de Mokha par les Houtis pourrait perturber le commerce international et faire monter les prix de l’énergie, alors que le monde fait déjà face à une inflation élevée. Cette situation ajoute une nouvelle source d’instabilité dans une région déjà très tendue, où les tensions entre l’Iran et ses adversaires (comme l’Arabie saoudite ou les États-Unis) sont fortes.
La situation au Yémen intervient dans un contexte économique mondial déjà fragile. La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une hausse de ses taux d’intérêt de 0,25 point, portant son taux directeur à 2,5 %, son niveau le plus élevé depuis mars 2025. Cette décision vise à lutter contre l’inflation, qui reste élevée en raison de la hausse des prix de l’énergie et des tensions géopolitiques. La BCE évoque des « perspectives hautement incertaines » pour l’économie, avec un risque de ralentissement de la croissance. Cette hausse des taux pourrait encore se poursuivre dans les mois à venir, ce qui rendrait le crédit plus cher pour les ménages et les entreprises, et freinerait l’activité économique.
La France n’est pas épargnée par ce contexte économique difficile. Selon l’*Institut national de la statistique et des études économiques (Insee)*, la croissance française devrait atteindre seulement 0,4 % en 2026, un chiffre bien inférieur à celui de ses voisins européens comme l’*Allemagne* (1,2 %), l’*Espagne* (1,5 %), l’*Italie* (1,1 %) ou même le *Royaume-Uni* (1,3 %). Plusieurs facteurs expliquent ce ralentissement : une *consommation atone* (les ménages dépensent moins), un *marché du travail dégradé* (chômage élevé, précarité) et une *production agricole réduite* en raison des canicules répétées. Ces difficultés risquent d’aggraver les inégalités sociales et de peser sur le pouvoir d’achat des Français.

