La VAR, “éteignoir” et “pire cauchemar de la Coupe du monde”
À force de traquer les fautes au millimètre près, l’arbitrage vidéo corrige peut-être certaines erreurs, mais refroidit l’ambiance en tribunes, perturbe les matchs et suspend les célébrations des supporteurs au verdict d’une salle remplie d’écrans. La presse américaine se demande si le football gagne vraiment à être plus précis si c’est pour devenir moins vivant..
La VAR (Video Assistant Referee ou assistance vidéo à l’arbitrage en français) est un système introduit lors de la Coupe du monde 2018 en Russie pour aider les arbitres à corriger les erreurs majeures lors des matchs. Ce dispositif permet de visionner des actions litigieuses grâce à des images vidéo et des capteurs intégrés dans le ballon. Lors de la Coupe du monde 2026, la VAR continue d’être utilisée, mais elle suscite de vives critiques. Par exemple, lors du seizième de finale entre le Portugal et la Croatie le 2 juillet 2026, un but croate a été refusé pour un hors-jeu de quelques centimètres, détecté par un capteur. Cet incident illustre comment la VAR, conçue pour plus de précision, peut aussi priver les joueurs et les supporters de moments de joie spontanés.
La VAR est souvent accusée de « tuer les émotions » du football, selon les propos de Zlatko Dalic, alors sélectionneur de la Croatie. Les supporters, habitués à célébrer immédiatement les buts, doivent désormais attendre une validation parfois longue et technique. Par exemple, lors du match Norvège-Angleterre le 11 juillet 2026, les tribunes ont dû patienter avant de savoir si un but norvégien était valide, car l’arbitre français Clément Turpin a dû consulter les images de la VAR. Ce délai suspend les célébrations et refroidit l’ambiance en stade. Les médias américains, comme CNN Sports, soulignent que cette technologie, bien que utile pour éviter les injustices, transforme le football en un sport plus froid et moins spontané.
Plusieurs décisions de la VAR lors de la Coupe du monde 2026 ont provoqué des réactions négatives. Lors du match entre l’Argentine et l’Égypte le 3 juillet 2026, un but égyptien a été refusé pour une faute commise quinze secondes plus tôt, à 100 mètres du lieu de l’action. Un autre exemple concerne l’Irak, dont un but a été annulé pour un hors-jeu de quelques millimètres. Ces cas montrent que la VAR, bien qu’elle vise à garantir une justice sportive, peut aussi entraîner des injustices perçues comme absurdes par les joueurs et les fans. Les entraîneurs, comme Stale Solbakken (Norvège), critiquent cette technologie pour son manque de flexibilité et son impact sur le rythme des matchs.
Le football est aujourd’hui tiraillé entre deux exigences : la précision et l’émotion. La VAR, en corrigeant des erreurs au millimètre près, répond à un besoin de justice sportive, mais elle perturbe aussi l’essence même du jeu, qui repose sur l’imprévu et la passion. Les médias, comme TNT Sports, rapportent que des joueurs et des entraîneurs, comme Mario Pasalic ou Igor Matanovic, se sentent lésés par des décisions techniques qui ignorent le contexte du match. Le débat oppose ceux qui défendent la technologie pour son objectivité et ceux qui craignent qu’elle ne vide le football de sa magie. Ce conflit soulève une question centrale : le football doit-il être un sport parfait ou un sport vivant ?
Les acteurs du football, des joueurs aux entraîneurs en passant par les supporters, réagissent de manière contrastée à l’utilisation de la VAR. Zlatko Dalic, ancien sélectionneur croate, a déclaré que la VAR « tue tout ce que nous avons en nous », illustrant le mécontentement des équipes éliminées à cause de décisions techniques. À l’inverse, certains arbitres, comme Espen Eskas, défendent le système pour son rôle dans la réduction des erreurs flagrantes. Les supporters, quant à eux, expriment leur frustration face aux célébrations suspendues et aux matchs interrompus. Ce désaccord reflète une division profonde au sein de la communauté footballistique sur l’avenir de l’arbitrage et de l’émotion dans le sport.

