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Économie

Trump, l’Europe et l’Ukraine: vers la fin de l’apaisement?

Telos · mis à jour il y a 14 j

Les récentes décisions de Donald Trump à l’égard de l’Ukraine marquent une nouvelle étape dans son rapprochement avec Vladimir Poutine et mettent à rude épreuve les relations transatlantiques. Face à un président américain qui semble désormais faire pression sur Kiev plutôt que sur Moscou, Volodymyr Zelensky choisit la résistance ouverte.

Changements majeurs octobre 2026

Entre le 9 et le 21 octobre 2026, l’administration de Donald Trump a pris plusieurs décisions majeures concernant l’Ukraine et la Russie. Le 9 octobre, Trump a annoncé un accord avec Vladimir Poutine pour importer 300 000 tonnes de diesel russe en échange d’un allègement partiel des sanctions américaines contre Moscou. Le 10 octobre, Trump a publiquement critiqué Volodymyr Zelensky, président ukrainien, l’accusant d’être responsable de la hausse des prix du diesel aux États-Unis et l’enjoignant de cesser les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes. Le 16 octobre, Trump a suspendu (waiving) les sanctions prévues par la loi Lindsay-Graham, adoptée en septembre 2026 par une large majorité au Congrès américain, qui renforçait les mesures contre la Russie et l’Iran. Ces décisions s’accompagnent d’une dégradation des aides militaires américaines à l’Ukraine, notamment la suspension de l’alerte précoce des tirs de missiles et des restrictions imposées au système Starlink, utilisé par l’Ukraine pour ses drones de défense.

Réactions ukrainiennes et européennes

Face à ces mesures, Volodymyr Zelensky a réagi avec fermeté. Dès le 9 octobre, il a qualifié l’accord américano-russe sur le diesel de « ni juste ni honnête », dénonçant un « cadeau d’anniversaire » à Poutine. Le 16 octobre, lors du Conseil européen à Bruxelles, il a critiqué la suspension des sanctions, la qualifiant de décision qui « récompense » Poutine, et a appelé les Européens à maintenir leur soutien. Les dirigeants européens ont réaffirmé leur solidarité avec l’Ukraine, rejetant le « cessez-le-feu énergétique » unilatéral annoncé par Trump. La popularité de Zelensky a bondi en Ukraine, passant de 43 % à 57 % en dix jours, tandis que Trump a vu sa crédibilité s’effriter, même au sein de son propre camp. Des sénateurs républicains, dont Mike Pence, ont critiqué ses décisions, bien que l’opinion américaine reste globalement divisée sur la question ukrainienne.

Rôle des acteurs clés

Donald Trump, président des États-Unis, a joué un rôle central dans cette crise. Ses décisions, comme l’accord sur le diesel ou la suspension des sanctions, ont été perçues comme une volte-face en faveur de la Russie. Elon Musk, propriétaire de Starlink, a également été impliqué : selon le Daily Telegraph, il aurait suggéré à Trump de restreindre les capacités de Starlink en Ukraine pour faire pression sur Zelensky. Volodymyr Zelensky, président ukrainien, a résisté aux pressions de Trump, dénonçant publiquement ses actions et renforçant sa position en Ukraine. Les Européens, notamment Emmanuel Macron, ont tenté de modérer Trump, mais leur stratégie d’apaisement a échoué face à la fermeté de Zelensky. Le Congrès américain, avec la loi Lindsay-Graham, avait initialement adopté une ligne dure contre la Russie, mais Trump a contourné ces mesures par des décrets présidentiels.

Conséquences stratégiques

Les décisions de Trump ont des répercussions majeures sur le conflit en Ukraine et les relations transatlantiques. En suspendant l’alerte précoce des tirs de missiles et en restreignant Starlink, l’administration américaine a privé l’Ukraine de moyens de défense essentiels, tout en niant ces actions. La suspension des sanctions a été saluée par Moscou comme un « moment historique », tandis que Kiev a accusé Trump de trahison. En Europe, la stratégie d’apaisement envers Trump a montré ses limites, poussant les dirigeants à adopter une posture plus ferme. Aux États-Unis, les critiques internes, bien que limitées, pourraient affaiblir Trump avant les élections de mi-mandat. Enfin, la hausse des prix du diesel, utilisée par Trump pour justifier ses accords avec la Russie, n’a en réalité qu’un impact marginal sur le marché mondial (moins de 1 % des échanges), ce qui renforce l’idée d’une décision motivée par d’autres considérations.

Ce que ça pourrait changer

L’Europe se trouve face à un dilemme : comment réagir à la volte-face de Trump sans aggraver les tensions avec les États-Unis ? La stratégie d’apaisement, qui consistait à flatter Trump pour atténuer ses excès, a échoué, notamment après l’échec des négociations personnelles entre Emmanuel Macron et Trump en septembre 2026. Les Européens doivent désormais choisir entre continuer à soutenir l’Ukraine de manière autonome ou tenter de négocier avec une administration américaine imprévisible. Le Conseil européen a réaffirmé son soutien à l’Ukraine le 16 octobre, mais la question reste de savoir si cette fermeté suffira à contrer les actions de Trump. Par ailleurs, l’Europe doit gérer les conséquences économiques de la crise énergétique, notamment la hausse des prix du diesel, tout en maintenant sa cohésion face à un allié américain devenu instable.

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