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What is Genocost? Understanding Congo’s new language of remembrance and justice

The Conversation France · mis à jour il y a 5 j

On August 2, the Democratic Republic of the Congo (DRC) commemorates Genocost Aboodi Vesakaran/Unsplash , CC BY On August 2, the Democratic Republic of the Congo (DRC) commemorates Genocost Day, a national day of remembrance dedicated to the millions of victims of the violence that has affected the country since the outbreak of the First Congo War in 1996. First promoted by Congolese civil society in 2013, the commemoration was officially establish.

Qu'est-ce que Genocost ?

Le terme Genocost est une création linguistique congolaise associant les mots génocide et coût. Il désigne une journée nationale de commémoration, le 2 août, instaurée en République démocratique du Congo (RDC) pour honorer les millions de victimes des violences liées aux guerres civiles depuis 1996. Promu dès 2013 par la société civile congolaise, ce concept a été officialisé par une loi congolaise en décembre 2022. Le Genocost vise à souligner l'ampleur des souffrances humaines causées par des décennies de conflits armés, tout en mettant en lumière le rôle de l'exploitation des ressources naturelles dans leur financement et leur perpétuation. Contrairement à une approche purement militaire ou ethnique, ce concept intègre une dimension économique et structurelle des violences.

Origine du 2 août

La date du 2 août n'a pas été choisie au hasard : elle commémore le début de la Seconde guerre du Congo en 1998, souvent qualifiée de « guerre mondiale africaine ». Ce conflit a transformé une crise régionale en l'un des conflits les plus meurtriers du XXIe siècle. Bien que les estimations varient, des millions de personnes sont mortes, directement ou indirectement, à cause de ces violences. Les décès ne résultent pas uniquement de combats : maladies, famine et effondrement des services publics, aggravés par les déplacements massifs de populations, ont aussi joué un rôle majeur. Depuis quelques années, les autorités congolaises, soutenues par la société civile, ont élargi cette commémoration à toutes les victimes de violences liées aux conflits.

Rôle des ressources naturelles

Les conflits en RDC, particulièrement à l'est du pays, sont en partie alimentés par l'exploitation et le commerce illicite de ressources naturelles stratégiques comme le coltan, le cobalt, l'or et l'étain. Ces minerais, essentiels pour les industries électroniques et les technologies vertes, attirent des groupes armés, des réseaux criminels et des acteurs régionaux. Des rapports de l'ONU et d'organisations de la société civile documentent depuis des décennies comment la compétition pour le contrôle de ces ressources finance et prolonge les violences. Le Genocost place cette dimension économique au cœur de la compréhension des souffrances endurées par les populations congolaises, au-delà des tensions ethniques ou politiques.

Violence au-delà des massacres

Le Genocost attire l'attention sur les conséquences indirectes des conflits, souvent aussi dévastatrices que les massacres. Les violences ne se limitent pas aux tueries : elles incluent le déplacement forcé des populations, la perte d'accès aux terres agricoles, la destruction des économies locales et la perturbation des services essentiels comme les soins ou l'éducation. Ces processus affaiblissent progressivement les communautés, les rendant vulnérables à la famine, aux maladies et à l'effondrement social. Dans l'est de la RDC, des millions de personnes subissent ces conditions, où l'insécurité persistante empêche toute reconstruction. Le Genocost considère ces phénomènes comme des éléments centraux des systèmes d'exploitation et de domination, et non comme de simples conséquences de la guerre.

Genocost et droit international

Une question centrale autour du Genocost est de savoir s'il peut être considéré comme une catégorie juridique, notamment au regard du génocide défini par la Convention de 1948 et le Statut de Rome de 1998. Pour qu'un acte soit qualifié de génocide, il faut prouver l'intention spécifique de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Or, l'exploitation économique, bien que criminelle, ne suffit pas à établir cette intention. Les crimes liés à l'extraction des ressources peuvent relever d'autres qualifications juridiques comme les crimes de guerre ou les crimes contre l'humanité, mais le génocide exige une preuve supplémentaire. Le Genocost reste donc avant tout un outil politique, mémoriel et analytique, et non une catégorie légale autonome.

Mémoire et reconnaissance

Le Genocost joue un rôle clé dans la préservation de la mémoire collective en RDC. Pour de nombreux Congolais, ce concept offre un langage pour reconnaître et commémorer des décennies de souffrances, souvent ignorées sur la scène internationale. Il permet aussi de dépasser les récits simplistes qui réduisent les conflits à des tensions ethniques. En mettant en avant leur dimension économique, le Genocost encourage une réflexion plus large sur les causes structurelles des violences. Ce concept s'inscrit dans une tendance mondiale où des sociétés développent des pratiques commémoratives pour honorer les victimes de violences collectives. La mémoire, ici, n'est pas seulement tournée vers le passé : elle influence aussi les valeurs que la société choisit de défendre aujourd'hui.

Ce que ça pourrait changer

Au-delà de la commémoration, le *Genocost* sert d'avertissement face aux risques liés aux conflits alimentés par les ressources naturelles dans un monde interconnecté. Avec la demande croissante en minerais stratégiques comme le cobalt ou le coltan, les questions de **sourcing responsable**, de **responsabilité des entreprises** et de **prévention des conflits** deviennent cruciales. Les organisations internationales, dont l'**ONU**, soulignent que les atrocités massives sont rarement spontanées : elles sont souvent précédées par des schémas d'exclusion, de dépossession et d'exploitation structurelle. Le *Genocost* promeut une approche préventive, rappelant que la paix ne peut être assurée par des moyens militaires seuls. Il insiste sur la nécessité de s'attaquer aux intérêts économiques qui perpétuent les violences.

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