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Environnement

La COP17 contre la désertification s'achève… sans prise de décision

Reporterre · mis à jour il y a 1 j

En Mongolie, la COP17 pour lutter contre la désertification s'est clôturée le 28 août, après deux semaines d'âpres négociations. Aucune décision concrète n'en ressort.

COP17 sur la désertification

La COP17 est la 17ᵉ édition de la Conférence des Parties (COP) sur la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), un traité international signé en 1994 pour lutter contre la dégradation des terres. Cette conférence s’est tenue en 2022, comme l’indiquent les sources, et réunissait des représentants de 196 pays ainsi que des organisations non gouvernementales. Son objectif principal était de définir des actions concrètes pour préserver les sols et les écosystèmes menacés par la désertification, un phénomène qui touche particulièrement les régions arides et semi-arides. La désertification désigne la dégradation des terres dans les zones sèches, souvent causée par des activités humaines comme l’agriculture intensive, la déforestation ou le changement climatique. Selon l’ONU, plus de 2 milliards de personnes vivent dans des zones menacées par ce processus.

Échec des négociations

Malgré les attentes, la COP17 s’est conclue sans accord majeur, ce qui a déçu les observateurs et les acteurs locaux. Les discussions portaient notamment sur l’adoption d’un cadre stratégique pour la période 2024-2030, visant à renforcer la résilience des sols et à mobiliser des financements. Cependant, les désaccords entre les pays ont empêché toute avancée significative. Les pays africains, les plus touchés par la désertification, réclamaient des engagements financiers concrets, tandis que d’autres États, comme ceux de l’Union européenne, ont été critiqués pour leur manque d’ambition. Aucun texte final n’a été adopté, et les décisions ont été reportées à la prochaine COP, prévue en 2024. Cette absence de consensus illustre les tensions entre les priorités nationales et les enjeux globaux.

Enjeux pour les pays africains

Les pays africains, qui abritent 70 % des terres dégradées dans le monde, étaient particulièrement mobilisés lors de cette COP17. Selon la Banque africaine de développement, la désertification coûte à l’Afrique environ 65 milliards de dollars par an en pertes agricoles et en coûts liés à la sécheresse. Les représentants africains ont insisté sur la nécessité d’un fonds dédié pour financer des projets de restauration des terres, comme le Grand Mur Vert pour le Sahara et le Sahel, un projet pharaonique visant à planter 8 000 km de végétation pour lutter contre l’avancée du désert. Cependant, ces demandes n’ont pas abouti, laissant ces pays dans l’incertitude quant à l’accès aux ressources nécessaires pour faire face à cette crise.

Rôle des acteurs locaux

Les communautés locales et les organisations non gouvernementales (ONG) ont joué un rôle central lors de la COP17, en mettant en avant des solutions concrètes et des initiatives de terrain. Par exemple, des projets de restauration des sols menés par des agriculteurs ou des associations ont été présentés comme des modèles à suivre. Ces initiatives, souvent financées par des fonds privés ou des partenariats internationaux, montrent qu’il est possible de lutter contre la désertification à petite échelle. Cependant, leur impact reste limité sans un soutien politique et financier à grande échelle. Les ONG ont également critiqué l’absence de mécanismes pour associer ces acteurs aux décisions internationales, soulignant un décalage entre les discours et les réalités locales.

Ce que ça pourrait changer

L’échec de la COP17 laisse planer des incertitudes sur les prochaines étapes pour lutter contre la désertification. Les experts soulignent que le temps presse, car selon le *Programme des Nations Unies pour l’environnement* (PNUE), 90 % des terres pourraient être dégradées d’ici 2050 si aucune action n’est entreprise. Les prochaines négociations, prévues en 2024, seront cruciales pour relancer les engagements internationaux. En attendant, certains pays pourraient avancer de manière unilatérale, en développant leurs propres stratégies de restauration des terres. La question du financement reste au cœur des débats, avec un besoin estimé à 300 milliards de dollars par an pour inverser la tendance d’ici 2030.

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