Limoilou se mobilise pour empêcher l’expulsion d’une famille
À Québec, la communauté de l’école Saint-Fidèle veut empêcher le renvoi d’une mère et de son fils vers le Congo..
Une mère célibataire et son fils de 7 ans, arrivés au Canada il y a trois ans comme demandeurs d’asile en provenance du Congo-Brazzaville, risquent d’être expulsés le 26 septembre 2026. Leur identité n’est pas révélée pour des raisons de sécurité. La mère, qui travaille comme agente d’entretien dans un hôpital, et son fils, décrit comme un élève « hyper talentueux » en 2e année, ont vu leur demande d’asile refusée deux fois, d’abord par la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR), puis en appel. La communauté de l’école Saint-Fidèle à Limoilou, où l’enfant est scolarisé, s’est mobilisée pour les soutenir, craignant pour leur sécurité au Congo-Brazzaville, où des membres de leur famille auraient été agressés ou assassinés.
La communauté de l’école Saint-Fidèle, composée d’enseignants, de parents d’élèves et d’amis de la famille, organise un rassemblement solidaire le 19 septembre 2026 à 7h30 dans le stationnement de l’église près de l’école pour tenter d’empêcher l’expulsion. Plus de 5 000 $ ont déjà été collectés via une campagne GoFundMe pour soutenir leur cause. Une enseignante, qui a eu l’enfant comme élève, décrit la situation comme « injuste » et souligne que la mère travaille « jour et nuit » pour offrir une vie stable à son fils. Le garçon aurait déclaré à l’enseignante : « Le gouvernement ne veut plus de moi ici. »
Cette situation s’inscrit dans un contexte de hausse des expulsions au Canada depuis l’adoption de la loi C-12 au printemps 2026. Cette loi limite le droit à l’asile aux personnes ayant déposé une demande dans l’année suivant leur arrivée. Les autres peuvent être expulsées si l’examen des risques avant renvoi (ERAR) le permet. Selon l’avocate en immigration Stéphanie Valois, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) traite actuellement un nombre record de dossiers, avec des délais de renvoi réduits à 30 jours après un refus en appel. La loi C-12 et le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR) sont appliqués avec une sévérité accrue, ce qui accélère les procédures d’expulsion.
Angélique, la mère concernée, a fui le Congo-Brazzaville après la disparition de son conjoint, qui travaillait dans le cabinet d’un ministre. Leur demande d’asile a été refusée deux fois, et ils ont reçu une date d’expulsion pour le 26 septembre 2026. Bien qu’elle doive attendre 12 mois après le refus de la CISR pour soumettre un ERAR, elle peut être expulsée à tout moment. L’ASFC affirme que son risque a déjà été évalué par la CISR, mais Angélique conteste cette évaluation, présentant des preuves de violences subies par sa famille au Congo, comme des photos de ses proches agressés ou assassinés. Elle craint pour sa vie et celle de son fils s’ils sont renvoyés.
Pour éviter l’expulsion, l’avocate d’Angélique a déposé deux recours : une contestation en Cour fédérale contre le refus de sa demande d’asile, et une demande de sursis administratif au renvoi auprès de l’ASFC. Ces procédures pourraient retarder ou bloquer l’expulsion, mais leur succès n’est pas garanti. La communauté de Limoilou espère que ces démarches, combinées à la pression médiatique et publique, permettront à Angélique et son fils de rester au Canada. Leur sort dépend désormais des décisions judiciaires et administratives à venir.

