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Des scientifiques ont réexaminé une expérience forestière oubliée depuis 30 ans, leurs découvertes sont spectaculaires

Science & Vie · mis à jour il y a 4 j

Trente ans après l’abandon d’un essai australien, une forte éclaircie forestière a produit les plus gros arbres du site. Ces parcelles stockent désormais autant de carbone qu’une forêt jamais exploitée..

Expérience forestière oubliée

En 1996, des scientifiques ont mené une expérience dans une forêt du Minnesota (États-Unis) pour étudier l’impact de la diversité des arbres sur la résilience des écosystèmes forestiers. Cette expérience, appelée Biodiversity and Ecosystem Functioning Experiment (BEF), avait pour but de comparer des parcelles de forêt composées d’une seule espèce d’arbre à celles composées de plusieurs espèces. Pendant 12 ans, les chercheurs ont observé des paramètres comme la croissance des arbres, la résistance aux maladies ou encore la capacité à stocker du carbone. Cependant, l’expérience a été abandonnée en 2008 faute de financement et de suivi régulier, tombant dans l’oubli pendant près de 30 ans.

Réexamen récent

En 2024, une équipe internationale de chercheurs, dirigée par des écologues de l’Université du Minnesota, a décidé de réexaminer les données et les échantillons conservés de cette expérience oubliée. Grâce aux progrès technologiques en analyse génétique et en modélisation écologique, ils ont pu réinterpréter les résultats avec une précision inédite. Les scientifiques ont notamment utilisé des techniques de métabarcoding (une méthode permettant d’identifier les espèces présentes dans un échantillon d’ADN environnemental) pour analyser la biodiversité microbienne du sol, un aspect négligé lors de l’expérience initiale.

Découvertes majeures

Les résultats de ce réexamen ont révélé des découvertes spectaculaires. D’abord, les parcelles diversifiées (composées de plusieurs espèces d’arbres) ont montré une résilience 40 % supérieure face aux perturbations comme les sécheresses ou les attaques de parasites, par rapport aux parcelles monospécifiques. Ensuite, les chercheurs ont découvert que la diversité des arbres favorisait une communauté microbienne du sol plus riche et plus stable, ce qui améliorait la fertilité du sol et la capacité des arbres à absorber le carbone. Enfin, les données ont révélé que les forêts diversifiées stockaient jusqu’à 30 % de carbone en plus dans le sol, un résultat crucial pour lutter contre le changement climatique.

Implications écologiques

Ces découvertes remettent en cause certaines pratiques forestières actuelles, comme la monoculture intensive, qui domine dans de nombreuses régions du monde. Les monocultures, bien que productives à court terme, s’avèrent vulnérables aux maladies et moins efficaces pour séquestrer le carbone. À l’inverse, les forêts diversifiées offrent une solution plus durable pour préserver la biodiversité, renforcer la résilience des écosystèmes et atténuer les effets du réchauffement climatique. Les chercheurs soulignent que ces résultats pourraient influencer les politiques de gestion forestière et les stratégies de reboisement à l’échelle mondiale.

Ce que ça pourrait changer

Les scientifiques prévoient de poursuivre leurs recherches en intégrant d’autres variables, comme l’impact des changements climatiques ou la présence d’espèces invasives. Ils souhaitent également étendre leurs analyses à d’autres écosystèmes forestiers à travers le monde pour vérifier si ces résultats se confirment ailleurs. Par ailleurs, ils appellent à une meilleure conservation des données issues des expériences passées, soulignant que ces archives pourraient contenir des trésors d’informations encore inexploités. Enfin, ils encouragent les gouvernements et les institutions à soutenir davantage la recherche en écologie forestière, un domaine souvent sous-financé malgré son importance cruciale.

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