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Généraliste

Une entente sur Churchill Falls toujours possible, selon Fréchette

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 16 j

La première ministre du Québec rencontre cette semaine son homologue de Terre-Neuve-et-Labrador..

Contexte du projet

Le projet concerne le complexe hydroélectrique de Churchill Falls, situé sur le fleuve Churchill à Terre-Neuve-et-Labrador. Il s’agit d’une centrale qui produit de l’électricité à partir de l’énergie hydraulique, une source renouvelable. En 1969, le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador ont signé un contrat historique : Hydro-Québec, la société d’État québécoise, achète l’électricité produite à Churchill Falls au prix exceptionnellement bas de 0,2 cent par kilowattheure (kWh). Ce contrat, en vigueur jusqu’en 2041, est considéré comme très désavantageux pour Terre-Neuve-et-Labrador, car Hydro-Québec revend cette électricité bien plus cher sur les marchés d’exportation. En 2024, un accord de principe avait été conclu entre les premiers ministres François Legault (Québec) et Andrew Furey (Terre-Neuve-et-Labrador) pour réviser ce contrat, en augmentant le prix payé par Hydro-Québec à 4 cents/kWh en moyenne sur 50 ans, soit 20 fois plus que le tarif actuel.

Négociations en cours

Les négociations actuelles opposent Christine Fréchette, première ministre du Québec, et Tony Wakeham, premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador. Ces discussions visent à finaliser un accord révisé pour Churchill Falls, mais elles sont tendues. En mai 2024, un comité d’experts nommé par Terre-Neuve-et-Labrador a conclu que l’accord de principe de 2024 ne servait pas les intérêts de la province. Terre-Neuve-et-Labrador réclame désormais une compensation plus élevée, une part plus grande de l’énergie produite, et un accès au réseau de distribution québécois pour exporter son électricité vers d’autres provinces ou États américains. Christine Fréchette affirme que des avancées ont été réalisées, mais exclut toute concession de la part du Québec, insistant sur l’équilibre entre les gains des deux provinces.

Enjeux politiques et temporels

Le temps presse pour les deux parties. Au Québec, des élections sont prévues dans quelques semaines, ce qui ajoute une pression supplémentaire. Christine Fréchette craint qu’un changement de gouvernement ne remette en cause l’entente en cours, notamment si le Parti québécois (PQ) arrive au pouvoir. Le PQ critique l’accord actuel, estimant que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a adopté une position de faiblesse et refuse d’aborder la question de la frontière contestée avec le Labrador. De son côté, Tony Wakeham refuse de se soumettre à un échéancier, affirmant que son équipe prendra le temps nécessaire pour obtenir la meilleure entente possible.

Ce que ça pourrait changer

La réunion du Conseil de la fédération à Charlottetown, qui réunit les premiers ministres des provinces et territoires, aborde d’autres enjeux majeurs. Parmi eux, les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, notamment la menace de Washington d’augmenter les tarifs sur les exportations canadiennes. Christine Fréchette évoque la possibilité de limiter l’importation d’alcool américain si les tarifs douaniers ne sont pas réduits. Elle précise que cette décision pourrait être prise unilatéralement par le Québec, sans attendre un consensus des autres provinces, à condition que cela bénéficie économiquement à la province.

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