Datacenters : l’Europe agite son barème de A à G… sans avoir toutes les copies
Les datacenters en Europe vont avoir droit à deux notes, de A à G. Une pour l’électricité et le PUE, l’autre pour l’eau et le WUE.
La Commission européenne a proposé un système commun de notation des datacenters (centres de données) pour évaluer leur consommation de ressources comme l’énergie ou l’eau. L’objectif est d’améliorer la transparence sur l’utilisation réelle de ces ressources. Ce système, en cours de mise en place, vise à classer les datacenters de la lettre A (très efficace) à G (peu efficace), sur le modèle des étiquettes énergétiques des appareils électroménagers. Les datacenters concernés sont ceux dont la capacité dépasse 500 kW. Cependant, cette initiative reste en phase de test, car les données disponibles sont encore incomplètes et peu fiables.
Sur les 770 datacenters déclarés en Europe entre mai et septembre 2024, seulement 36 % des centres concernés ont transmis leurs données à la Commission européenne. Six États membres n’ont déclaré aucun datacenter, tandis que cinq autres en ont déclaré un ou deux seulement. L’Allemagne arrive en tête avec plus de 450 datacenters potentiels, suivie par la France (plus de 250), les Pays-Bas, l’Italie et l’Espagne (entre 150 et 200). En réalité, les chiffres sont bien inférieurs : moins de 350 datacenters déclarés en Allemagne, moins de 150 en France, et moins de 100 aux Pays-Bas. La Commission européenne appelle les États membres à appliquer pleinement l’article 12 de la DEE (Directive européenne sur l’efficacité énergétique) pour améliorer cette situation.
Parmi les données déclarées, seulement 70,1 % sont jugées fiables par la Commission européenne. Cette évaluation vérifie la plausibilité, l’exactitude et la cohérence des indicateurs fournis. Par exemple, des erreurs comme des déclarations d’autonomie de batterie de 20 minutes ou de mises à jour de sécurité sur 48 ans ont déjà été observées dans d’autres secteurs, comme l’étiquetage énergétique des smartphones. La Commission souligne que ces données, bien que fiables, ne sont pas nécessairement exactes, ce qui pose un problème pour établir un classement transparent et utile.
En France, l’**Arcep** (Autorité de régulation des communications électroniques) collecte également des données sur les datacenters pour alimenter son **observatoire du numérique soutenable**. Ce dernier vise à évaluer l’impact environnemental du numérique. Cependant, les données transmises par les États membres et les autorités nationales restent insuffisantes et parfois incohérentes. La Commission européenne insiste sur la nécessité d’une mise en œuvre rapide et intégrale de l’article 12 de la DEE pour garantir une meilleure transparence et une collecte de données plus complète.

