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Société

Changer l'école pour changer le monde

Slate FR · mis à jour il y a 6 j

[BLOG You Will Never Hate Alone] La jeunesse a toutes les raisons du monde de se rebeller face au modèle éducatif français, tant ce dernier ne cherche en rien l'épanouissement des élèves mais leur asservissement pur et simple..

L'école actuelle en France

L'auteur critique le système éducatif français actuel, qu'il juge trop rigide et peu adapté aux besoins des élèves. Il évoque des journées scolaires longues, allant de 8 heures du matin à 16 ou 17 heures, ce qui est présenté comme une charge excessive pour des adolescents en pleine croissance. Selon lui, cette organisation ne permet pas une concentration optimale, car le cerveau humain n'est pas conçu pour absorber autant d'informations en si peu de temps. L'auteur souligne que les élèves passent leur temps à mémoriser des leçons pour les réciter, sans réelle compréhension ou intérêt, ce qui conduit à un apprentissage superficiel et rapidement oublié. Le système est comparé à une tyrannie aveugle qui impose un rythme de travail rigide, similaire à celui d'un ouvrier à la chaîne, sans tenir compte des spécificités individuelles des élèves.

Critique de la culture du résultat

L'article dénonce la culture du résultat en vigueur dans l'éducation française, qui place la performance et la réussite scolaire au-dessus de tout. Cette obsession génère du stress et de la peur de l'échec chez les élèves, dès l'adolescence. L'auteur explique que les jeunes sont poussés à se projeter dans un avenir professionnel dès 13 ou 14 ans, au détriment de leur épanouissement personnel et de leur liberté d'esprit. Le système éducatif est décrit comme un dogme de l'excellence, où tous les élèves sont sommés de raisonner de la même manière, sans espace pour la singularité ou la curiosité. Cette approche est jugée contre-productive, car elle étouffe la motivation intrinsèque et transforme l'apprentissage en une corvée plutôt qu'en une aventure intellectuelle.

La jeunesse en révolte

L'auteur reconnaît que les lycéens ont raison de se révolter contre le système éducatif actuel, mais il estime que leur colère devrait être dirigée vers les fondements mêmes de l'enseignement, plutôt que vers les conditions dans lesquelles il se déroule. Il décrit l'école comme un lieu qui broie la part d'enfance des élèves, en les privant de leur soif d'innocence et d'idéal. Pour lui, l'école française ne respecte pas la jeunesse et ne lui permet pas de développer sa propre identité ou de cultiver sa curiosité. Il souligne que les adolescents ont besoin d'espace pour explorer le monde, au-delà des contraintes académiques, afin de grandir harmonieusement et de se préparer à devenir des citoyens éclairés.

Une vision alternative de l'éducation

L'auteur propose une refonte complète du système éducatif français, en suggérant de commencer les cours à 9 heures et de les terminer à midi, pour libérer les après-midis aux activités sportives, artistiques ou d'exploration de la nature. Ces activités, bien que sans valeur marchande apparente, sont jugées essentielles pour l'épanouissement personnel et la construction de soi. Il s'inspire de la pensée de Montaigne, qui comparait l'éducation à allumer un feu plutôt qu'à remplir un vase, c'est-à-dire à éveiller la curiosité et l'esprit critique plutôt qu'à accumuler des connaissances inertes. L'objectif est de former des individus capables de penser par eux-mêmes, de remettre en question les idées reçues et de trouver leur place dans le monde.

L'importance de la citoyenneté

L'auteur insiste sur la nécessité d'enseigner aux élèves le respect de l'autre dans toutes ses singularités, c'est-à-dire en tenant compte de leurs différences. Il considère que cette compétence sociale vaut bien plus que la course effrénée à la connaissance académique. Pour lui, l'école doit être un lieu où les élèves apprennent à vivre ensemble, à comprendre les enjeux sociétaux et à développer un esprit critique. Il critique l'empilement de matières sans lien apparent, comme la déclinaison des verbes irréguliers en anglais, la Chine, les poèmes de Rimbaud ou les équations du second degré, qui finissent par créer un brouillard vaporeux dans l'esprit des élèves. L'objectif est de former des citoyens responsables, capables de contribuer positivement à la société.

Ce que ça pourrait changer

Face à un monde qui s'assombrit, l'auteur exprime son espoir en une jeunesse capable de se rebeller contre un système éducatif qu'il juge dépassé et aliénant. Il rêve d'une *école citoyenne* où les élèves pourraient grandir sans la peur constante de l'échec, en étant préparés à affronter les défis de l'avenir avec résilience. Pour lui, l'éducation doit cesser d'être une menace pour devenir une opportunité d'émancipation. Il termine en citant Montaigne pour rappeler que l'apprentissage doit servir à *être* plutôt qu'à *savoir*, c'est-à-dire à développer son esprit critique et sa liberté intérieure plutôt qu'à accumuler des connaissances stériles.

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