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☕️ Lookups : la ministre du Numérique signale un nouveau site de données volées au parquet

Next.ink · mis à jour il y a 9 j

Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, a annoncé lundi 5 octobre avoir saisi la procureure de Paris, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, au sujet d’un moteur de recherche donnant accès à des données personnelles issues de fuites de cybersécurité. C’est la deuxième fois que […].

Nouveau site signalé

La ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, Anne Le Hénanff, a annoncé le 5 octobre 2026 avoir saisi la procureure de Paris pour un nouveau site nommé Lookups. Ce moteur de recherche permet d’accéder à des données personnelles issues de fuites de cybersécurité. Il s’agit de la deuxième fois depuis juin 2026 que la ministre utilise cette procédure, prévue par l’article 40 du code de procédure pénale, qui oblige à signaler les infractions pénales dont on a connaissance. Ces sites, souvent appelés lookups (terme anglais signifiant « recherche »), permettent de trouver des informations comme des noms, adresses ou numéros de téléphone en croisant des données volées. Historiquement, ces outils étaient cantonnés au dark web, un espace d’Internet non indexé par les moteurs de recherche classiques et souvent associé à des activités illégales, mais ils émergent désormais sur le web accessible au grand public.

Fonctionnement des lookups

Les lookups fonctionnent en agrégeant des données issues de fuites de cybersécurité, comme des bases de données piratées contenant des informations personnelles. Ces moteurs de recherche permettent d’effectuer des recherches nominatives, c’est-à-dire de trouver des informations sur une personne en entrant son nom. Ils se déclinent parfois sous forme de canaux sur des plateformes comme Telegram ou Discord, des messageries instantanées populaires. Certains sites proposent même des services payants : abonnements, accès via des interfaces de programmation (API), ou services d’effacement des données personnelles contre paiement. Cependant, ces offres commerciales comportent un risque : en s’inscrivant ou en payant, l’utilisateur fournit lui-même de nouvelles données personnelles, qui peuvent être ajoutées aux bases existantes. Par exemple, un site revendiquait en juin 2026 l’accès à 1,2 milliard de données personnelles de Français.

Risques et limites

La ministre Anne Le Hénanff met en garde les personnes concernées : il ne faut jamais payer pour faire retirer ses données personnelles d’un lookup, car cela ne garantit pas leur suppression. En effet, ces sites ne sont qu’une interface permettant d’accéder à des données déjà volées et diffusées ailleurs. Leur suppression ne supprime pas les fichiers d’origine, qui continuent de circuler sur d’autres plateformes. Par ailleurs, ces outils exposent les utilisateurs à des risques supplémentaires : en s’inscrivant ou en payant, ils fournissent des données personnelles qui peuvent être utilisées pour renforcer les bases de données existantes. Enfin, la portée de l’action de la ministre est limitée : elle peut restreindre la visibilité du site signalé, mais ne garantit pas l’arrêt de la diffusion des données volées.

Contexte et actions judiciaires

Le phénomène des lookups n’est pas nouveau, mais il a été récemment médiatisé, notamment après des articles de RTL et M6 révélant que des données personnelles de personnalités publiques, comme des candidats à la présidentielle, étaient accessibles via ces moteurs. En juin 2026, une enquête de France Info avait déjà mis en lumière une plateforme revendiquant l’accès à 1,2 milliard de données personnelles. À cette occasion, la ministre avait également saisi le parquet de Paris. Le député Éric Bothorel avait également saisi la justice pour trois sites compilant des fuites de données. Aucune condamnation n’avait encore été prononcée au 21 août 2026, mais le parquet s’intéresse au sujet depuis plusieurs mois. En mai 2026, l’administrateur présumé d’un de ces moteurs avait été mis en examen et placé en détention provisoire après son retour de Thaïlande.

Ce que ça pourrait changer

Les *lookups* soulèvent des questions juridiques, notamment sur le **recel de données volées**, qui est un crime en France. Le recel consiste à détenir ou à utiliser sciemment des biens (ici, des données) issus d’une infraction, comme un vol ou une fuite de données. La saisine du parquet par la ministre s’inscrit dans ce cadre légal, mais son efficacité reste limitée face à la diffusion massive et décentralisée des données volées. Ces outils illustrent aussi les défis posés par la cybersécurité et la protection des données personnelles à l’ère numérique. Les fuites de données, souvent massives, exposent les individus à des risques d’usurpation d’identité, de harcèlement ou de chantage. Les *lookups* aggravent ces risques en facilitant l’accès à ces données.

Sujets complémentaires

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